Métadonnées

Métadonnées

Voici un dossier complet édité par le SCEREN concernant la notion de métadonnées.

Au programme : définition, utilité et utilisation des métadonnées en passant par le lien entre métadonnées et web éducatif pour onclure par une boite à outils proposant des formulaires directement en ligne de type LOMFR

ProfDocOsphere

ProfDocOsphere

 

ProfDocOsphère est un annuaire de sites de mutualisation des professeurs documentalistes afin de faire le lien entre tous les professeurs-documentalistes qui utilisent la toile comme support à leur activité professionnelle notamment en partageant des expériences et des séquences pédagogiques mais aussi des reflexions. 


Ainsi, ProfDocOsphère propose :
– un annuaire
 référençant des sites de mutualisation et permettant une recherche interne dans la base de données
– un flux d’actualités listant les dernières publications des sites référencés
– une recherche fédérée pour trouver des contenus publiés dans les différents sites référencés

SEQUENCE PEDAGOGIQUE

A l’heure des bilans CDI, projet CDI, projet documentaire…ou même des révisions du  CAPES DOCUMENTATION, il semble intéressant de proposer un modèle de présentation d’une séquence pédagogique  :

0 Présentation

-Nom

-Date

-Capes externe de documentation : session 2014 exceptionnelle

-épreuve orale d’admission

-Séquence pédagogique portant sur les programmes de collèges et lycées

1  Sujet

–          le sujet

–          Mettre en gras les choses importantes

–          Faire lien hypertextes si besoin

 

2  Contexte

–          Reprise des points importants du sujet : établissement, classe, programme, collaboration, intervenants, évaluation….

 

3.   Exploitation pédagogique

–          Notions abordés / programmes

–          Nombre de séances / lieu

–          Niveau et effectif

–          Prérequis

–          Outils tice

–          Production finale

–          Evaluation

 

4.   Objectifs

–          Disciplinaires = programmes

–          Info-documentaires : b2I, pacifi

–          Interdisciplinaires = socle commun

 

6.   Déroulement de la séquence

–          Séance par séance de préférence sous la forme d’un tableau (organisation et déroulement)

 

7.   Recherche documentaire (stratégie)

–          Problématique

–          Mots clés /descripteurs

–          Documents recherchés / sources

 

8.   Corpus de documents numériques

–          3 documents à résumer

-Justifier l’intérêt et l’exploitation pédagogiques

 

9.   Bibliographie Z44-005

10 documents

nom, prénom de l’auteur. Titre. [en ligne]Editeur, lieu, date.Disponible sur : nom du site.

 

10.               Analyse documentaire (2 documents)

–          Résumé

–          -descripteurs / mots clés

–          Indice dewey

 

11.  Bilan et Prolongement pédagogique

 

 

L’école et le numérique : dans quelle mesure le numérique transforme-t-il l’école ?

Affiche des Boussoles du numériques 2013
Affiche des Boussoles du numérique 2013

Les journées des Boussoles du numérique du 11 et 12 décembre 2013 au Rocher de Palmer (Cenon) ont été l’occasion d’explorer cette problématique phare de l’institution scolaire à partir de quatre axes de réflexion : la Société, la Politique, l’Economie et la Pédagogie.

Ces quatre points en tension permanente ont été les supports d’échanges de nombreux acteurs du numérique : chercheurs, directeur de la rédaction de l’Etudiant, directeurs de centre sociaux, professeurs, chargés de missions pédagogie numérique, … En complément de ces conférences et tables rondes, des ateliers dynamiques et des démonstrations pratiques ont été proposés aux acteurs éducatifs afin de présenter des dispositifs pédagogiques innovants avec le numérique. Durant ces deux jours, deux classes médias se sont impliquées dans la création et la mise en scène de leurs productions numériques.

  • L’école inscrit dans un écosystème numérique

Suite à l’ouverture des boussoles du numérique par Michelle Laurissergues (Présidente de l’An@E) le mercredi 11 décembre au matin, les premiers intervenants ont été réunis afin de comprendre en quoi et comment l’école pourrais et/ou devrais s’inscrire dans un écosystème numérique. Selon Antoine Chotard, Responsable veille et prospective à l’AEC, l’écosystème numérique est un espace évolutif centré sur l’usager et caractérisé par une fragmentation et une granularité de connexions. Par ailleurs, le développement des objets numériques (stylos, téléphones, …) s’accompagne d’un accroissement des inégalités d’accès au numérique. Ainsi, la déconnexion de soi reste de plus en plus difficile et le monde réel se confond avec son espace numérique personnel. Antoine Chotard conclue par le fait que « si se déconnecter des médias reste possible, se déconnecter de soi est plus dur ».

Le numérique a donc une dimension fonctionnelle et culturelle qui remet en scène le processus éducatif. D’après Antoine Chotard, il est donc nécessaire que l’éducation forme non pas de simples consommateurs mais des « consomm’acteurs » critiques des objets numériques.

Emmanuel Dadidenkoff, journaliste spécialiste de l’Education et directeur de la rédaction de l’Etudiant fait le lien en indiquant que, dans le contexte d’un modèle économique mondialisé, l’éducation devient un marché lucratif pour toutes les entreprises qui investissent dans l’e-éducation. Or, le numérique envahit l’enseignement supérieur (mise en place de cours massifs en ligne, création de campus numérique, existence d’une chaire sur les jeux sérieux à Grenoble), offre un nouveau rapport au savoir et de nouveaux dispositifs pédagogiques (Formation A Distance). Dans le cadre de l’enseignement primaire et secondaire, Emmanuel Dadidenkoff souligne que les technologies de l’information et de la communication réinventent l’éducation où « les méthodes s’industrialisent pour s’orienter vers l’individualisation ». Selon lui, il est indispensable que le service public réagisse en intégrant le numérique dans son enseignement avant que le privé vienne pallier le manque.

  • L’école numérique et la prise en compte institutionnelle

On peut synthétiser cet échange par le fait que l’école est ancrée dans un écosystème numérique mouvant où les pratiques numériques se développent en classe et où l’apprentissage devient ouvert et informel. L’institution scolaire ne peut nier ce changement et a pour obligation d’accompagner le développement de ces pratiques afin de former de futurs citoyens du numérique. C’est dans cette optique que s’articule la loi de refondation de l’école. Son premier objectif est de développer des pratiques pédagogiques innovantes en fournissant des outils numériques aux enseignants et en les aidant à les mettre en œuvre en classe. Le but est de revivifier les contenus d’enseignement actuels par le numérique afin que les élèves deviennent des créateurs et des diffuseurs d’informations. D’autre part, le numérique offre la possibilité d’enseigner autrement (notamment par une pédagogie inversée, par une approche transdisciplinaire) puisqu’il modifie les conditions d’accès au savoir. Sachant que l’apport d’informations se fait autrement que par l’unique voie du professeur, celui-ci doit se repositionner et accompagner l’élève pour qu’il sache maîtriser la masse d’informations tout en construisant des compétences et connaissances.

  • Les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education) au service d’une pédagogie innovante : la pédagogie inversée, classes inversées
Atelier pédagogie inversée (cop. JRB)
Atelier pédagogie inversée (cop. JRB)

Ce thème de réflexion a fait l’objet d’un atelier intitulé « Pédagogie inversée, classes inversées ». Trois intervenants se sont prononcés sur l’évolution du rôle pédagogique à l’heure du numérique. Jean-François Ceci, chargé de mission TICE à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, ouvre l’atelier en faisant référence à la troisième révolution cognitive exprimée par Michel Serres. Avec l’arrivée du web collaboratif, les cours dits « transmissifs » associés au support imprimé mutent pour devenir des cours interactifs en hyperconnexion, centrés sur l’élève, individualisés et où l’enseignant est un accompagnateur. Le numérique offre de nouvelles perspectives pédagogiques facilitant l’acquisition des connaissances et des compétences grâce notamment au collaboratif, à l’hybride, aux outils numériques, à l’autoformation guidée et aux classes inversées. David Bouchillon, enseignant d’histoire-géographie au collège Aliénor d’Aquitaine, met en pratique cette pédagogie afin que les élèves se ré-impliquent dans les apprentissages. La structure traditionnelle d’une séance est inversée : les exercices sont travaillés en classe et les cours (capsules vidéos de 2 à 4 minutes) à la maison. De même, Marie Soulié, enseignante au collège Daniel Argote d’Orthez applique cette méthode qui, selon elle, nécessite un grand travail de préparation pour l’enseignant mais offre des résultats très positifs : pédagogie active, tutorat, élèves favorables aux apprentissages et ouverts, peu de travail personnel pour les élèves.

  • En guise de conclusion

A l’issue des boussoles du numérique 2013, on peut dire que, dans le contexte d’une société du numérique, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne sont pas de simples objets innovants détachés du monde éducatif. Ils communiquent par le rôle organisateur de l’information. Les scénarios pédagogiques se voient modifiés (éducation augmentée) et le numérique s’introduit progressivement dans les disciplines. De plus, le numérique offre de nouvelles entrées dans le savoir avec des logiques pédagogiques (didactisation numérique des contenus, formes d’apprentissage à distance, …). Il est donc nécessaire d’éduquer à la fois « au » et « par » le numérique pour former de futurs citoyens avertis et critiques.

Les formes numériques du savoir (cop.enseignons.be)
L’école et le développement des usages numérique (cop.enseignons.be)

Pour aller plus loin … :

– ANAE. Les boussoles du numérique [en ligne].<http://www.educavox.fr/mot/les-boussoles-du-numerique>. Consulté le 31 décembre 2013.

– MEN. Enseigner avec le numérique [en ligne]. <http://eduscol.education.fr/pid26435/enseigner-avec-le-numerique.html>.Consulté le 31 décembre 2013.

– MEN. Panorama de l’offre de services numérique [en ligne]. <http://www.education.gouv.fr/panorama-services-numeriques/>. Consulté le 31 décembre 2013.

@_lrichard_

Quand la poésie numérique fait twitter les élèves

Lors des Boussoles du numérique, un atelier intitulé “Poésie numérique et réseau social de micro-blogging” a rapidement attiré ma curiosité pour poursuivre ma réflexion sur l’usage pédagogique des réseaux sociaux débuté l’année précédente lors des rencontres de l’an@é. Animé par Elise Chomienne (Ingenieur TICE à l’université de Bordeaux 3 et professeur à l’ESPE d’Aquitaine), l’atelier a mis en lumière un projet de liaison école-collège orchestré par Julie Blancard (professeur documentaliste, collège Nelson Mandela, Floirac) et Géraldine Margnac (professeur de Français, collège Nelson Mandela, Floirac) ainsi que Céline Souleille, professeur des écoles (Ecole élémentaire Pierre et Marie Curie, Floirac).

twitter_egg_or_bird_by_nishad2m8-d35rnss

Les élèves de la 6ème B du collège de Floirac appelée “classe média” participent au projet intitulé innovation-expérimentation d’éducation aux médias mené en binôme par Mme Blancard et Mme Margnac (voir en ligne sur le blog de la classe). En raison de deux heures par semaine, le projet s’articule autour de 3 axes :

  • Élaboration de reportages radiophoniques (podcasts) en partenariat avec le CLEMI Bordeaux.

  • La presse écrite. Rédaction d’un journal papier et sa version en ligne. Participation au Prix Varenne qui récompense les journaux scolaires.

  • Pratiques des médias numériques dont le micro-blogging avec une réflexion sur l’usage responsable d’Internet.

Concrètement, le projet consiste à créer du lien entre les élèves de l’école élémentaire et ceux du collège à travers une communication commune sur un réseau social préalablement choisi par les enseignants. Ainsi, les élèves échangent des haïkus, petits poèmes japonais qui se prêtent merveilleusement aux contraintes du tweet en réponse à des photographies du quartier posté par les élèves de l’école élémentaire. Les objectifs transversaux sont nombreux : liaison école/collège, appropriation du quartier (actuellement en mutation pour cause de travaux), éducation et accompagnement à l’usage des réseaux sociaux soit une maîtrise des outils et le développement d’une utilisation critique. Enfin, il s’agit aussi de “donner du sens aux apprentissages par une démarche de projet motivante”. Les objectifs disciplinaires sont aussi multiples que ce soit pour les élèves du collège mais aussi pour les plus petits : découverte des auteurs et des oeuvres, travail autour de l’imaginaire, travail autour de l’écriture et de la maîtrise de la langue française… Au niveau des compétences info-documentaires, ce projet permet notamment de valider des items du b2i (compétence 4 du socle commun de connaissances et de compétences) tels que s’approprier un environnement informatique de travail (domaine 1), adopter une attitude responsable (domaine 2) ou encore communiquer et échanger (domaine 5). En effet, la question de l’identité numérique s’est posée dès le début du projet avec la création des comptes Twitter/Babytwitt pour les collègiens et Babytwitt pour les CM1. Quelle plateforme de micro-blogging ? Utilisation d’un compte ouvert ? Choix de l’avatar ? Quel pseudo ?…De nombreux questionnements ont émergé chez les enseignants mais aussi chez les élèves. On retiendra par exemple le choix unique de babytwit pour le cycle élémentaire, un logiciel libre d’origine française permettant la protection des données postées par les élèves et aussi l’absence de publicité. Enfin, ce projet se positionne aisément dans le cadre du PACIFI (parcours de formation à la culture de l’information) sur lequel s’appuie les professeurs documentalistes. On pourrait alors citer la fiche 8 du PACIFI qui insiste sur l’éducation des élèves aux médias d’actualité autour des notions de communication, d’esprit critique ou encore de débat et cela grâce à la mise en place d’activités de production.

Ce projet innovant ouvre un peu plus la voie vers une éducation par et avec les réseaux sociaux au profit d’une culture informationnelle qui me semble plus que nécessaire dans la société 2.0. Pour ceux ou celles qui voudraient tenter l’expérience, rendez-vous sur la page Twittclasse et découvrez ceux qui ont déjà franchi le pas.

@jbourguet

International event in the ESPE d’ Aquitaine (2)

Meeting with two teachers of Samsun University in order to speak about children’s literature : 

 S1030002

           Literature for children is enjoyed by adults and children but must be adapted to the cognitive development and the social abilities of the children. Three important researchers have worked on childhood’s evolution. Jean Piaget was interested in the intellectual and cognitive development of the child which he defines in four stages : the sensorimotor period, the preoperational period, the period of concrete operations and the period of formal operations. Children’s Books can be classified according to these various stages. Yet, Erik Erikson worked on the child’s social development. From his side, Lawrence Kohl wrote about the development of the moral judgment of children. However, they can be classified in different genres and subgenres like in adult literature as novels, poetry, fantasy… In the 19th century book for children didn’t exist. This idea emerged from two philosophers, J. Locke and J.J Rousseau and the early 19th century became the “golden age” of literature for children with the Grimm brothers, H.C Andersen. Nowadays, many awards exist in the world to encourage children literature’s writers.

 

La littérature de jeunesse est appréciée des enfants autant que des adultes. Néanmoins, elle doit s’adapter aux différents stades de développement de l’enfant. Certains chercheurs comme J. Piaget, E. Erikson et Lawrence Kohl se sont penchés sur ce sujet. Pour Piaget, quatre stades se succèdent dans le développement de l’enfant : la période sensorimotrice, la période préopérationnelle, la période des opérations concrètes et pour finir, la période des opérations formelles. C’est donc en fonction de ces différents stades de développement que les livres pour enfants sont classés par genre et sous-genre (les livres d’éveil, les comptines, les contes, les fables, la science-fiction…). Au XIXème siècle, les livres pour enfants n’existaient pas, c’est pourquoi, avec les deux philosophes Locke et Rousseau, est apparu l’âge d’or de la littérature de jeunesse dont les plus représentatifs sont les frères Grimm et H. C. Andersen. De nos jours, de nombreux prix récompensent les écrivains et les illustrateurs de littérature de jeunesse.

See the slideshow :  Literature for Children (1)

@lucie_ruffin @jbourguet @Lefebvrechris16

International event in the ESPE d’ Aquitaine (1)

S1030014

Meeting with two teachers of Samsun University in the context of the Erasmus European Programme : 

 

Ms. Zerrin Eren and M. Mufit Semel came from the University of Samsun in Turkey on an Erasmus Mobility Programme from 16 to 19 September 2013. The University of Samsun or (OMU : Ondokuz Mayis Universitesi ) was established in 1975. Today, with over 40.000 students and 2 000 academic staff, it’s one of the leading universities in Turkey in terms of staff quality and number, in academic, social facilities and infrastructures. Besides, with 15 faculties the internationalisation represents one of the main objectives that’s why OMU wants to develop and be recognised on the international level. Being aware of the importance of creating knowledge and technology as well as increasing the international imployability of its graduates, continuous development of education and research quality is of utmost importance. The University also encourages the students and staff to experience international cultures and communication and interaction are at top level. 

In this context M. Mufit Semel and Ms. Zerrin Eren came to Merignac’s Espe. The Erasmus European programme offers the possibility of studying or working abroad in another country. It’s a very good experience to travel in a country. It allows students or teachers to meet diverse partners, to discover a different culture from theirs but also to exchange with foreign students as well as professors. 

Teaching staff mobility enables staff to spend a teaching period between 1 day – or at least 5 teaching hours – and 6 weeks at a higher education institution in another participating country. This programme aims at encouraging higher education institutions to broaden and enrich the range and content of the courses they offer, to promote the exchange of expertise and experience on pedagogical methods, to create links between higher education institutions and the enterprises and to motivate students and staff to become mobile and to assist them in preparing a mobility period.

 

@lucie_ruffin @jbourguet @Lefebvrechris16

 

 

Les jeux vidéos peuvent-ils aider à s’informer ?

Dans notre article précédent nous avons présenté les politicals games, des jeux vidéos dits engagés qui peuvent être décomposés en deux grands groupes : les jeux à visée informative et les jeux militants. Il s’agit d’aborder de manière plus approfondie un certain type de jeux que nous avions rapidement cité : les newsgames. Olivier Mauco, sur le site de France Culture, définit le newsgame comme « un dispositif ludique de mise en scène de l’information empruntant aux jeux vidéo ses codes cognitifs et procéduraux« .

Sur le fond le principe est identique à celui des jeux dits engagés. L’intérêt n’est pas la victoire mais réside dans la mécanique même du jeu (le gameplay) qui vous délivre un message : le joueur mis en difficulté essaiera de jouer avec l’ensemble des outils dont il dispose pour faire évoluer la situation et testera les différentes combinaisons permises pour s’en sortir. Sur la forme, les créateurs vont partir d’un fait d’actualité et placer le joueur au cœur des événements en se basant sur des données factuelles d’après le dossier, établi sous la direction de Xavier Galaup, intitulé « Développer la médiation documentaire numérique« . Le jeu Cutthorat Capitalism est cité en guise d’exemple. Il s’agit effectivement pour le joueur de partir d’un fait d’actualité qui le propulse à la tête d’un navire de pirates somaliens. Il s’agit d’amener le joueur, au travers d’une simulation, à comprendre les mécanismes de la capture et de la négociation.

Florent Maurin, sur France Culture, distingue trois grandes catégories de newsgames. Il expose dans un premier temps le jeu-infographie.

On a selon lui accès à de plus en plus à des bases de données (data journalism) que l’on peut traiter sous forme d’infographie interactive ou sous forme de jeux. Cela consiste à prendre et à mettre en forme des données statistiques et de proposer à l’utilisateur un objectif.

Florent Maurin prend le cas de Budget-Hero, jeu publié par une société de radio aux Etats-Unis. Là l’utilisateur est amené à reprendre et à manipuler les bases de données du budget américain pour réaliser un objectif qui s’est fixé en début de partie (environnement, baisse de la dette publique, influence du pays dans le monde, etc.). Cela lui permet de faire des projections (déficit ou rentabilité en 2050 par exemple), de mesurer ses propres choix par rapport aux véritables chiffres du budget général américain, d’avoir une visualisation graphique des différents postes, de rendre beaucoup plus compréhensibles des chiffres qui semblent au départ difficiles à appréhender pour la plupart des gens. La mécanique du jeu pousse le joueur à explorer véritablement le système.

Dans la plupart des newsgames, il ne s’agit pas d’instaurer une histoire mais de créer un système cohérent, qu’il soit manipulable par l’utilisateur, de voir ce qui se passe quand on change un paramètre, de comprendre les choses en tant que système global. Il s’agit de ne pas tisser une situation globale autour d’un exemple comme le journalisme fait souvent. Au contraire il s’agit pour l’utilisateur d’explorer le système pour le comprendre en profondeur.

Image

En deuxième lieu, il existe une deuxième catégorie de jeux : le jeu-reportage. Il s’agit de laisser au joueur l’occasion d’explorer une situation, de rassembler un max d’informations autour d’un événement comme le séisme en Haïti. Inside Haiti Disaster propose d’exploser la situation du point de vue d’un travail humanitaire, d’un journaliste ou d’une victime du séisme. A partir de là, on est face à tout un système de choix différents et la nécessité de prendre des décisions. En fonction de ces dernières, on va avoir plusieurs conséquences comme le risque de conflit à la suite d’une distribution sauvage de matériels de survie (décision proposée si on se met dans la peau du travailleur humanitaire). Cependant, comme l’indique F. Martin, il faut interroger la limite entre réalité et fiction. Ce n’est pas parce que cela s’est mal passé une fois que cela va forcément se passer systématiquement comme cela. Le jeu peut être un bon moyen pour impliquer l’utilisateur, le citoyen qui souhaite s’informer pour qu’il comprenne ce qui peut arriver et, notamment, face aux choix de certaines décisions.

On peut établir un troisième type de jeu : le jeu-éditorial. Il s’agit de parler de situations éditoriales en construisant des simulations (non réalistes car cela nécessite un budget trop important). Cela consiste à modéliser des situations très particulières et de les faire comprendre au joueur éditorialement par l’intermédiaire du jeu comme « Primaires à gauche ». Là, les stratégies des candidats peuvent être modélisées sous une forme éditoriale. Le joueur se met dans la peau d’un candidat, voit différents schémas de décisions qui s’offrent à lui et également en fonction de ses convictions politiques. Cela lui permet de mesurer l’impact de certaines stratégies qui peuvent être payantes ou non.

Image

Cependant feu Alain Joannès soulignait le risque de propagande, sous couvert d’amusement, véhiculé par le jeu.
Effectivement Olivier Mauco confirme que tout jeu est porteur de messages, d’un point de vue dans la mesure où le travail de production reflète un point de vue particulier. Par exemple le jeu « Primaires à gauche » reflète la vision d’une partie des journalistes de la primaire. Un jeu éditorial peut être considéré comme « partisan » dans la mesure où on modifie une certaine variable pour donner plus de poids à un candidat dans le jeu et vice-versa.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter cette présentation slideshare par Olivier Mauco sur la genèse et les enjeux liés à l’utilisation des newsgames :

http://fr.slideshare.net/OlivierMauco/le-newsgame-gense-dun-dispositif-vido-ludique-de-mise-en-scne-de-linformation

@NicolasBusquet1

L’exposition « Bridging the Gap jeter un pont »

Les étudiants en master 1 et 2 « Documentation et Systèmes d’information » (IUFM d’Aquitaine) ont eu l’opportunité d’assister à des séances pédagogiques dans le cadre de l’option « Gestion de projet culturel ». Cette option avait pour objectif de nous sensibiliser à la médiation culturelle, d’une part grâce à des cours théoriques sur la notion de médiation et d’éducation artistique dans les EPLE et d’autre part à l’aide de rencontres culturelles et artistiques.

Nous avons eu l’occasion d’assister à l’exposition Diébédo Francis Kéré, Bridging the Gap jeter un pont actuellement installée au centre d’architecture Arc en rêve. Ce sera le sujet de notre article.

Le centre d’architecture Arc en rêve

Arc en rêve, centre d’architecture créé à Bordeaux en 1981, organise des actions en vue de sensibiliser les visiteurs aux domaines de l’architecture, du paysage, aux formes contemporaines de la ville, avec un objectif de mise en lumière de certaines conditions de vie (au niveau régional mais aussi international). Centre très dynamique, son programme mêle conférences, tables rondes, débats, expositions et même des formations destinées aux acteurs et enseignants, autour des problématiques de l’aménagement. Arc en rêve propose aussi des animations interactives et ludiques en faveur du public scolaire : l’équipe propose des ateliers de fabrication et des débats avec un matériel pédagogique particulier. Les actions organisées ont pour vocation d’informer et de former sur la culture et de la création architecturale contemporaine, tout en variant les supports de médiation culturelle (images, vidéos, livrets…).

Francine Fort, directrice générale d’arc en rêve explicite les objectifs de ce centre : « faire émerger le désir d’architecture, inviter à la création et ouvrir le regard sur le monde en mutations »

(Source : http://www.arcenreve.com/Pages/pages.html)

Actuellement, Arc en rêve consacre l’un de ses espaces à l’exposition « Bridging the Gap jeter un pont ». Il s’agit d’un aperçu et d’une synthèse de l’œuvre d’un architecte burkinabé : Diébédo Francis Kéré, soucieux des conditions climatiques et des situations locales de son pays.

Diébédo Francis Kéré

Diébédo Francis Kéré est né en 1965 dans le village de Gando, au Burkina Faso. Diplômé de l’École d’architecture de Berlin en 2004, il développe une architecture utilisant les principes d’éco-construction appris en Europe mais adaptés aux conditions de vie africaine. C’est au Burkina Faso – à Gando plus précisément – qu’il réalise son premier projet d’école élémentaire en 2001.

Cet architecte s’engage socialement et politiquement pour l’amélioration des conditions de vie de son pays. D’une vocation, il se devait de transmettre son savoir. En effet, au Burkina Faso, il regrette qu’il y ait si peu d’architectes et le fait qu’ils se consacrent essentiellement à de gros projets de construction (reproduction du modèle occidental) dans les grandes villes, au détriment des villages. L’approche de Diébédo Francis Kéré est différente : le point de départ de son travail d’architecte est une réflexion sur la situation locale, les matériaux disponibles, la main d’œuvre, etc. L’architecte adapte les modes de construction traditionnels pour créer une architecture qui corresponde à la situation des habitants. De plus, il est impératif de construire vite en Afrique : il fait donc appel à la participation de la population, un travail en commun est très enrichissant pour les populations et l’architecte.

« L’architecture en zone rurale au Burkina Faso, c’est ceci : on se lève, on construit,
il n’y a pas de plan. Les voisins viennent, ils vous aident
 ».

Diébédo Francis Kéré. C’est lorsque les voisins « aident » que l’architecte leur transmet des savoirs en matière d’éco-construction afin que les habitants puissent participer à l’amélioration de leurs conditions de vie. L’idée qui guide le travail de cet architecte est d’« apprendre à être autonome »

Son travail a été récompensé par des prix prestigieux : l’Aga Khan en 2004, le Global Award For Sustainable architecture en 2009 et le Global Holcim Award en 2012

L’exposition

© http://www.arcenreve.com/
© http://www.arcenreve.com/

L’exposition met en avant les divers projets d’architecture menés par Diébédo Francis Kéré, à l’aide de divers dispositifs (son, image, vidéo, maquettes) répartis dans les différentes salles.

  Il s’agit par exemple de l’école primaire à Gando, réalisée alors qu’il était encore étudiant, construite en 2001 par les villageois et lui-même à base de matériaux traditionnels (tels que la brique de terre améliorée avec du ciment). L’architecte parle volontiers d’« architecture des terres ». Cette école est conçue pour minimaliser l’impact du soleil tandis qu’un système de ventilation a été installé à partir d’une sur-toiture en tôle ondulée. Ce projet a considérablement amélioré le cadre de l’enseignement et a participé à l’amélioration des résultats scolaires.

« L’école est conçue comme un oasis où les enfants aimeront apprendre »

En 2008, Diébédo Francis Kéré a dû agrandir cette école en raison d’une forte demande d’inscriptions ! De plus il a construit en 2012, une bibliothèque avec un espace extérieur ombragé propice à la lecture. Ce nouveau bâtiment présente une innovation : un plafond en béton dans lequel sont insérés des pots d’argile afin d’éclairer naturellement et de ventiler l’espace.

© http://www.arcenreve.com/

Ainsi, au fil des six salles, à travers les maquettes, nous sommes amenés à repérer les différents projets de Diébédo Francis Kéré. Il accorde une place capitale à l’éducation : ainsi il a construit deux collèges, une école élémentaire mais aussi ce qu’il appelle le Centre des femmes, conçu en 2013. Ce bâtiment abrite la coopérative Songtaaba (créée en 1999) dont l’objectif est de permettre aux femmes d’échapper à l’oppression familiale et d’accéder à l’éducation.

Mis à part les maquettes et les panneaux d’explication, Arc en rêve informe le visiteur via des vidéos témoignant notamment du travail des habitants : on peut ainsi observer les hommes comprimer les blocs de terre à l’aide d’une machine – dont un des modèle fait partie de l’exposition – tandis que les femmes fabriquent le sol en lissant la terre. L’école achevée, on peut observer les élèves, ravis de ce nouveau bâtiment qu’ils reconnaissent volontiers comme agréable.

L’exposition met également en avant le matériel utilisé pour les chantiers soit un grand étalage de pots traditionnels, de briques, de terre. En fin de parcours elle propose une sélection d’ouvrage traitant principalement de l’architecture contemporaine en Afrique mais abordant également la condition des femmes (on trouve par exemple la bande dessinée Aya de Youpougon).

Cette exposition a été prolongée jusqu’au 19 mai 2013.

Liens complémentaires :

–          Site internet d’arc en rêve : http://www.arcenreve.com/

–          Site internet de Diébédo Francis Kéré : http://www.kere-architecture.com/

–          http://www.darchitectures.com/vers-une-nouvelle-architecture-africaine-francis-kere-arc-en-reve-a970.html

–          http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_4137

–          http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2655p064-065.xml0/

@DaphneMathelier

@jmainhaguiet