L’exposition « Bridging the Gap jeter un pont »

Les étudiants en master 1 et 2 « Documentation et Systèmes d’information » (IUFM d’Aquitaine) ont eu l’opportunité d’assister à des séances pédagogiques dans le cadre de l’option « Gestion de projet culturel ». Cette option avait pour objectif de nous sensibiliser à la médiation culturelle, d’une part grâce à des cours théoriques sur la notion de médiation et d’éducation artistique dans les EPLE et d’autre part à l’aide de rencontres culturelles et artistiques.

Nous avons eu l’occasion d’assister à l’exposition Diébédo Francis Kéré, Bridging the Gap jeter un pont actuellement installée au centre d’architecture Arc en rêve. Ce sera le sujet de notre article.

Le centre d’architecture Arc en rêve

Arc en rêve, centre d’architecture créé à Bordeaux en 1981, organise des actions en vue de sensibiliser les visiteurs aux domaines de l’architecture, du paysage, aux formes contemporaines de la ville, avec un objectif de mise en lumière de certaines conditions de vie (au niveau régional mais aussi international). Centre très dynamique, son programme mêle conférences, tables rondes, débats, expositions et même des formations destinées aux acteurs et enseignants, autour des problématiques de l’aménagement. Arc en rêve propose aussi des animations interactives et ludiques en faveur du public scolaire : l’équipe propose des ateliers de fabrication et des débats avec un matériel pédagogique particulier. Les actions organisées ont pour vocation d’informer et de former sur la culture et de la création architecturale contemporaine, tout en variant les supports de médiation culturelle (images, vidéos, livrets…).

Francine Fort, directrice générale d’arc en rêve explicite les objectifs de ce centre : « faire émerger le désir d’architecture, inviter à la création et ouvrir le regard sur le monde en mutations »

(Source : http://www.arcenreve.com/Pages/pages.html)

Actuellement, Arc en rêve consacre l’un de ses espaces à l’exposition « Bridging the Gap jeter un pont ». Il s’agit d’un aperçu et d’une synthèse de l’œuvre d’un architecte burkinabé : Diébédo Francis Kéré, soucieux des conditions climatiques et des situations locales de son pays.

Diébédo Francis Kéré

Diébédo Francis Kéré est né en 1965 dans le village de Gando, au Burkina Faso. Diplômé de l’École d’architecture de Berlin en 2004, il développe une architecture utilisant les principes d’éco-construction appris en Europe mais adaptés aux conditions de vie africaine. C’est au Burkina Faso – à Gando plus précisément – qu’il réalise son premier projet d’école élémentaire en 2001.

Cet architecte s’engage socialement et politiquement pour l’amélioration des conditions de vie de son pays. D’une vocation, il se devait de transmettre son savoir. En effet, au Burkina Faso, il regrette qu’il y ait si peu d’architectes et le fait qu’ils se consacrent essentiellement à de gros projets de construction (reproduction du modèle occidental) dans les grandes villes, au détriment des villages. L’approche de Diébédo Francis Kéré est différente : le point de départ de son travail d’architecte est une réflexion sur la situation locale, les matériaux disponibles, la main d’œuvre, etc. L’architecte adapte les modes de construction traditionnels pour créer une architecture qui corresponde à la situation des habitants. De plus, il est impératif de construire vite en Afrique : il fait donc appel à la participation de la population, un travail en commun est très enrichissant pour les populations et l’architecte.

« L’architecture en zone rurale au Burkina Faso, c’est ceci : on se lève, on construit,
il n’y a pas de plan. Les voisins viennent, ils vous aident
 ».

Diébédo Francis Kéré. C’est lorsque les voisins « aident » que l’architecte leur transmet des savoirs en matière d’éco-construction afin que les habitants puissent participer à l’amélioration de leurs conditions de vie. L’idée qui guide le travail de cet architecte est d’« apprendre à être autonome »

Son travail a été récompensé par des prix prestigieux : l’Aga Khan en 2004, le Global Award For Sustainable architecture en 2009 et le Global Holcim Award en 2012

L’exposition

© http://www.arcenreve.com/
© http://www.arcenreve.com/

L’exposition met en avant les divers projets d’architecture menés par Diébédo Francis Kéré, à l’aide de divers dispositifs (son, image, vidéo, maquettes) répartis dans les différentes salles.

  Il s’agit par exemple de l’école primaire à Gando, réalisée alors qu’il était encore étudiant, construite en 2001 par les villageois et lui-même à base de matériaux traditionnels (tels que la brique de terre améliorée avec du ciment). L’architecte parle volontiers d’« architecture des terres ». Cette école est conçue pour minimaliser l’impact du soleil tandis qu’un système de ventilation a été installé à partir d’une sur-toiture en tôle ondulée. Ce projet a considérablement amélioré le cadre de l’enseignement et a participé à l’amélioration des résultats scolaires.

« L’école est conçue comme un oasis où les enfants aimeront apprendre »

En 2008, Diébédo Francis Kéré a dû agrandir cette école en raison d’une forte demande d’inscriptions ! De plus il a construit en 2012, une bibliothèque avec un espace extérieur ombragé propice à la lecture. Ce nouveau bâtiment présente une innovation : un plafond en béton dans lequel sont insérés des pots d’argile afin d’éclairer naturellement et de ventiler l’espace.

© http://www.arcenreve.com/

Ainsi, au fil des six salles, à travers les maquettes, nous sommes amenés à repérer les différents projets de Diébédo Francis Kéré. Il accorde une place capitale à l’éducation : ainsi il a construit deux collèges, une école élémentaire mais aussi ce qu’il appelle le Centre des femmes, conçu en 2013. Ce bâtiment abrite la coopérative Songtaaba (créée en 1999) dont l’objectif est de permettre aux femmes d’échapper à l’oppression familiale et d’accéder à l’éducation.

Mis à part les maquettes et les panneaux d’explication, Arc en rêve informe le visiteur via des vidéos témoignant notamment du travail des habitants : on peut ainsi observer les hommes comprimer les blocs de terre à l’aide d’une machine – dont un des modèle fait partie de l’exposition – tandis que les femmes fabriquent le sol en lissant la terre. L’école achevée, on peut observer les élèves, ravis de ce nouveau bâtiment qu’ils reconnaissent volontiers comme agréable.

L’exposition met également en avant le matériel utilisé pour les chantiers soit un grand étalage de pots traditionnels, de briques, de terre. En fin de parcours elle propose une sélection d’ouvrage traitant principalement de l’architecture contemporaine en Afrique mais abordant également la condition des femmes (on trouve par exemple la bande dessinée Aya de Youpougon).

Cette exposition a été prolongée jusqu’au 19 mai 2013.

Liens complémentaires :

–          Site internet d’arc en rêve : http://www.arcenreve.com/

–          Site internet de Diébédo Francis Kéré : http://www.kere-architecture.com/

–          http://www.darchitectures.com/vers-une-nouvelle-architecture-africaine-francis-kere-arc-en-reve-a970.html

–          http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_4137

–          http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2655p064-065.xml0/

@DaphneMathelier

@jmainhaguiet

Une réflexion sur “L’exposition « Bridging the Gap jeter un pont »

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