L’école et le numérique : dans quelle mesure le numérique transforme-t-il l’école ?

Affiche des Boussoles du numériques 2013
Affiche des Boussoles du numérique 2013

Les journées des Boussoles du numérique du 11 et 12 décembre 2013 au Rocher de Palmer (Cenon) ont été l’occasion d’explorer cette problématique phare de l’institution scolaire à partir de quatre axes de réflexion : la Société, la Politique, l’Economie et la Pédagogie.

Ces quatre points en tension permanente ont été les supports d’échanges de nombreux acteurs du numérique : chercheurs, directeur de la rédaction de l’Etudiant, directeurs de centre sociaux, professeurs, chargés de missions pédagogie numérique, … En complément de ces conférences et tables rondes, des ateliers dynamiques et des démonstrations pratiques ont été proposés aux acteurs éducatifs afin de présenter des dispositifs pédagogiques innovants avec le numérique. Durant ces deux jours, deux classes médias se sont impliquées dans la création et la mise en scène de leurs productions numériques.

  • L’école inscrit dans un écosystème numérique

Suite à l’ouverture des boussoles du numérique par Michelle Laurissergues (Présidente de l’An@E) le mercredi 11 décembre au matin, les premiers intervenants ont été réunis afin de comprendre en quoi et comment l’école pourrais et/ou devrais s’inscrire dans un écosystème numérique. Selon Antoine Chotard, Responsable veille et prospective à l’AEC, l’écosystème numérique est un espace évolutif centré sur l’usager et caractérisé par une fragmentation et une granularité de connexions. Par ailleurs, le développement des objets numériques (stylos, téléphones, …) s’accompagne d’un accroissement des inégalités d’accès au numérique. Ainsi, la déconnexion de soi reste de plus en plus difficile et le monde réel se confond avec son espace numérique personnel. Antoine Chotard conclue par le fait que « si se déconnecter des médias reste possible, se déconnecter de soi est plus dur ».

Le numérique a donc une dimension fonctionnelle et culturelle qui remet en scène le processus éducatif. D’après Antoine Chotard, il est donc nécessaire que l’éducation forme non pas de simples consommateurs mais des « consomm’acteurs » critiques des objets numériques.

Emmanuel Dadidenkoff, journaliste spécialiste de l’Education et directeur de la rédaction de l’Etudiant fait le lien en indiquant que, dans le contexte d’un modèle économique mondialisé, l’éducation devient un marché lucratif pour toutes les entreprises qui investissent dans l’e-éducation. Or, le numérique envahit l’enseignement supérieur (mise en place de cours massifs en ligne, création de campus numérique, existence d’une chaire sur les jeux sérieux à Grenoble), offre un nouveau rapport au savoir et de nouveaux dispositifs pédagogiques (Formation A Distance). Dans le cadre de l’enseignement primaire et secondaire, Emmanuel Dadidenkoff souligne que les technologies de l’information et de la communication réinventent l’éducation où « les méthodes s’industrialisent pour s’orienter vers l’individualisation ». Selon lui, il est indispensable que le service public réagisse en intégrant le numérique dans son enseignement avant que le privé vienne pallier le manque.

  • L’école numérique et la prise en compte institutionnelle

On peut synthétiser cet échange par le fait que l’école est ancrée dans un écosystème numérique mouvant où les pratiques numériques se développent en classe et où l’apprentissage devient ouvert et informel. L’institution scolaire ne peut nier ce changement et a pour obligation d’accompagner le développement de ces pratiques afin de former de futurs citoyens du numérique. C’est dans cette optique que s’articule la loi de refondation de l’école. Son premier objectif est de développer des pratiques pédagogiques innovantes en fournissant des outils numériques aux enseignants et en les aidant à les mettre en œuvre en classe. Le but est de revivifier les contenus d’enseignement actuels par le numérique afin que les élèves deviennent des créateurs et des diffuseurs d’informations. D’autre part, le numérique offre la possibilité d’enseigner autrement (notamment par une pédagogie inversée, par une approche transdisciplinaire) puisqu’il modifie les conditions d’accès au savoir. Sachant que l’apport d’informations se fait autrement que par l’unique voie du professeur, celui-ci doit se repositionner et accompagner l’élève pour qu’il sache maîtriser la masse d’informations tout en construisant des compétences et connaissances.

  • Les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education) au service d’une pédagogie innovante : la pédagogie inversée, classes inversées
Atelier pédagogie inversée (cop. JRB)
Atelier pédagogie inversée (cop. JRB)

Ce thème de réflexion a fait l’objet d’un atelier intitulé « Pédagogie inversée, classes inversées ». Trois intervenants se sont prononcés sur l’évolution du rôle pédagogique à l’heure du numérique. Jean-François Ceci, chargé de mission TICE à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, ouvre l’atelier en faisant référence à la troisième révolution cognitive exprimée par Michel Serres. Avec l’arrivée du web collaboratif, les cours dits « transmissifs » associés au support imprimé mutent pour devenir des cours interactifs en hyperconnexion, centrés sur l’élève, individualisés et où l’enseignant est un accompagnateur. Le numérique offre de nouvelles perspectives pédagogiques facilitant l’acquisition des connaissances et des compétences grâce notamment au collaboratif, à l’hybride, aux outils numériques, à l’autoformation guidée et aux classes inversées. David Bouchillon, enseignant d’histoire-géographie au collège Aliénor d’Aquitaine, met en pratique cette pédagogie afin que les élèves se ré-impliquent dans les apprentissages. La structure traditionnelle d’une séance est inversée : les exercices sont travaillés en classe et les cours (capsules vidéos de 2 à 4 minutes) à la maison. De même, Marie Soulié, enseignante au collège Daniel Argote d’Orthez applique cette méthode qui, selon elle, nécessite un grand travail de préparation pour l’enseignant mais offre des résultats très positifs : pédagogie active, tutorat, élèves favorables aux apprentissages et ouverts, peu de travail personnel pour les élèves.

  • En guise de conclusion

A l’issue des boussoles du numérique 2013, on peut dire que, dans le contexte d’une société du numérique, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne sont pas de simples objets innovants détachés du monde éducatif. Ils communiquent par le rôle organisateur de l’information. Les scénarios pédagogiques se voient modifiés (éducation augmentée) et le numérique s’introduit progressivement dans les disciplines. De plus, le numérique offre de nouvelles entrées dans le savoir avec des logiques pédagogiques (didactisation numérique des contenus, formes d’apprentissage à distance, …). Il est donc nécessaire d’éduquer à la fois « au » et « par » le numérique pour former de futurs citoyens avertis et critiques.

Les formes numériques du savoir (cop.enseignons.be)
L’école et le développement des usages numérique (cop.enseignons.be)

Pour aller plus loin … :

– ANAE. Les boussoles du numérique [en ligne].<http://www.educavox.fr/mot/les-boussoles-du-numerique>. Consulté le 31 décembre 2013.

– MEN. Enseigner avec le numérique [en ligne]. <http://eduscol.education.fr/pid26435/enseigner-avec-le-numerique.html>.Consulté le 31 décembre 2013.

– MEN. Panorama de l’offre de services numérique [en ligne]. <http://www.education.gouv.fr/panorama-services-numeriques/>. Consulté le 31 décembre 2013.

@_lrichard_

Publicités

Quand la poésie numérique fait twitter les élèves

Lors des Boussoles du numérique, un atelier intitulé “Poésie numérique et réseau social de micro-blogging” a rapidement attiré ma curiosité pour poursuivre ma réflexion sur l’usage pédagogique des réseaux sociaux débuté l’année précédente lors des rencontres de l’an@é. Animé par Elise Chomienne (Ingenieur TICE à l’université de Bordeaux 3 et professeur à l’ESPE d’Aquitaine), l’atelier a mis en lumière un projet de liaison école-collège orchestré par Julie Blancard (professeur documentaliste, collège Nelson Mandela, Floirac) et Géraldine Margnac (professeur de Français, collège Nelson Mandela, Floirac) ainsi que Céline Souleille, professeur des écoles (Ecole élémentaire Pierre et Marie Curie, Floirac).

twitter_egg_or_bird_by_nishad2m8-d35rnss

Les élèves de la 6ème B du collège de Floirac appelée “classe média” participent au projet intitulé innovation-expérimentation d’éducation aux médias mené en binôme par Mme Blancard et Mme Margnac (voir en ligne sur le blog de la classe). En raison de deux heures par semaine, le projet s’articule autour de 3 axes :

  • Élaboration de reportages radiophoniques (podcasts) en partenariat avec le CLEMI Bordeaux.

  • La presse écrite. Rédaction d’un journal papier et sa version en ligne. Participation au Prix Varenne qui récompense les journaux scolaires.

  • Pratiques des médias numériques dont le micro-blogging avec une réflexion sur l’usage responsable d’Internet.

Concrètement, le projet consiste à créer du lien entre les élèves de l’école élémentaire et ceux du collège à travers une communication commune sur un réseau social préalablement choisi par les enseignants. Ainsi, les élèves échangent des haïkus, petits poèmes japonais qui se prêtent merveilleusement aux contraintes du tweet en réponse à des photographies du quartier posté par les élèves de l’école élémentaire. Les objectifs transversaux sont nombreux : liaison école/collège, appropriation du quartier (actuellement en mutation pour cause de travaux), éducation et accompagnement à l’usage des réseaux sociaux soit une maîtrise des outils et le développement d’une utilisation critique. Enfin, il s’agit aussi de “donner du sens aux apprentissages par une démarche de projet motivante”. Les objectifs disciplinaires sont aussi multiples que ce soit pour les élèves du collège mais aussi pour les plus petits : découverte des auteurs et des oeuvres, travail autour de l’imaginaire, travail autour de l’écriture et de la maîtrise de la langue française… Au niveau des compétences info-documentaires, ce projet permet notamment de valider des items du b2i (compétence 4 du socle commun de connaissances et de compétences) tels que s’approprier un environnement informatique de travail (domaine 1), adopter une attitude responsable (domaine 2) ou encore communiquer et échanger (domaine 5). En effet, la question de l’identité numérique s’est posée dès le début du projet avec la création des comptes Twitter/Babytwitt pour les collègiens et Babytwitt pour les CM1. Quelle plateforme de micro-blogging ? Utilisation d’un compte ouvert ? Choix de l’avatar ? Quel pseudo ?…De nombreux questionnements ont émergé chez les enseignants mais aussi chez les élèves. On retiendra par exemple le choix unique de babytwit pour le cycle élémentaire, un logiciel libre d’origine française permettant la protection des données postées par les élèves et aussi l’absence de publicité. Enfin, ce projet se positionne aisément dans le cadre du PACIFI (parcours de formation à la culture de l’information) sur lequel s’appuie les professeurs documentalistes. On pourrait alors citer la fiche 8 du PACIFI qui insiste sur l’éducation des élèves aux médias d’actualité autour des notions de communication, d’esprit critique ou encore de débat et cela grâce à la mise en place d’activités de production.

Ce projet innovant ouvre un peu plus la voie vers une éducation par et avec les réseaux sociaux au profit d’une culture informationnelle qui me semble plus que nécessaire dans la société 2.0. Pour ceux ou celles qui voudraient tenter l’expérience, rendez-vous sur la page Twittclasse et découvrez ceux qui ont déjà franchi le pas.

@jbourguet

International event in the ESPE d’ Aquitaine (2)

Meeting with two teachers of Samsun University in order to speak about children’s literature : 

 S1030002

           Literature for children is enjoyed by adults and children but must be adapted to the cognitive development and the social abilities of the children. Three important researchers have worked on childhood’s evolution. Jean Piaget was interested in the intellectual and cognitive development of the child which he defines in four stages : the sensorimotor period, the preoperational period, the period of concrete operations and the period of formal operations. Children’s Books can be classified according to these various stages. Yet, Erik Erikson worked on the child’s social development. From his side, Lawrence Kohl wrote about the development of the moral judgment of children. However, they can be classified in different genres and subgenres like in adult literature as novels, poetry, fantasy… In the 19th century book for children didn’t exist. This idea emerged from two philosophers, J. Locke and J.J Rousseau and the early 19th century became the “golden age” of literature for children with the Grimm brothers, H.C Andersen. Nowadays, many awards exist in the world to encourage children literature’s writers.

 

La littérature de jeunesse est appréciée des enfants autant que des adultes. Néanmoins, elle doit s’adapter aux différents stades de développement de l’enfant. Certains chercheurs comme J. Piaget, E. Erikson et Lawrence Kohl se sont penchés sur ce sujet. Pour Piaget, quatre stades se succèdent dans le développement de l’enfant : la période sensorimotrice, la période préopérationnelle, la période des opérations concrètes et pour finir, la période des opérations formelles. C’est donc en fonction de ces différents stades de développement que les livres pour enfants sont classés par genre et sous-genre (les livres d’éveil, les comptines, les contes, les fables, la science-fiction…). Au XIXème siècle, les livres pour enfants n’existaient pas, c’est pourquoi, avec les deux philosophes Locke et Rousseau, est apparu l’âge d’or de la littérature de jeunesse dont les plus représentatifs sont les frères Grimm et H. C. Andersen. De nos jours, de nombreux prix récompensent les écrivains et les illustrateurs de littérature de jeunesse.

See the slideshow :  Literature for Children (1)

@lucie_ruffin @jbourguet @Lefebvrechris16

International event in the ESPE d’ Aquitaine (1)

S1030014

Meeting with two teachers of Samsun University in the context of the Erasmus European Programme : 

 

Ms. Zerrin Eren and M. Mufit Semel came from the University of Samsun in Turkey on an Erasmus Mobility Programme from 16 to 19 September 2013. The University of Samsun or (OMU : Ondokuz Mayis Universitesi ) was established in 1975. Today, with over 40.000 students and 2 000 academic staff, it’s one of the leading universities in Turkey in terms of staff quality and number, in academic, social facilities and infrastructures. Besides, with 15 faculties the internationalisation represents one of the main objectives that’s why OMU wants to develop and be recognised on the international level. Being aware of the importance of creating knowledge and technology as well as increasing the international imployability of its graduates, continuous development of education and research quality is of utmost importance. The University also encourages the students and staff to experience international cultures and communication and interaction are at top level. 

In this context M. Mufit Semel and Ms. Zerrin Eren came to Merignac’s Espe. The Erasmus European programme offers the possibility of studying or working abroad in another country. It’s a very good experience to travel in a country. It allows students or teachers to meet diverse partners, to discover a different culture from theirs but also to exchange with foreign students as well as professors. 

Teaching staff mobility enables staff to spend a teaching period between 1 day – or at least 5 teaching hours – and 6 weeks at a higher education institution in another participating country. This programme aims at encouraging higher education institutions to broaden and enrich the range and content of the courses they offer, to promote the exchange of expertise and experience on pedagogical methods, to create links between higher education institutions and the enterprises and to motivate students and staff to become mobile and to assist them in preparing a mobility period.

 

@lucie_ruffin @jbourguet @Lefebvrechris16

 

 

Opération de médiation culturelle concrète : l’exposition Paroles d’Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux.

Après avoir défini dans un précédent article le concept global de « médiation culturelle », intéressons-nous à présent au dispositif concret de médiation culturelle mis en place actuellement au sein du Musée Ethnographique de Bordeaux : l’exposition Paroles d’Afrique.

Affiche de l'exposition Paroles d'Afrique (cop : http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr)
Affiche de l’exposition Paroles d’Afrique
(cop : http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr)

Le Musée Ethnographique de Bordeaux : ses objectifs de médiation et de pédagogie

En relation avec les recherches africanistes menées au sein du Département d’Ethnologie de l’Université de Bordeaux Segalen (Université de Bordeaux II), le Musée Ethnographique de Bordeaux Segalen (MEB) met en évidence des questions de société et les enjeux qui en découlent à travers des expositions destinées à un public diversifié. Élaborés à partir de travaux scientifiques, les contenus proposés ont pour vocation d’être accessibles et compréhensibles pour tout type de visiteur (associations, groupes scolaires, institutions publiques et privées, particuliers…). La médiation culturelle s’exprime alors à travers l’accompagnement personnalisé du public par l’équipe de médiation : plaquettes d’informations, visites commentées, livrets pédagogiques et ateliers à l’attention des plus jeunes.

L’exposition Paroles d’Afrique

Actuellement, le MEB présente sa nouvelle exposition Paroles d’Afrique jusqu’au 31 mai 2013. Plongé en terre africaine, le visiteur explore les aspects sociaux, culturels et politiques de la parole d’Afrique. A travers le son, l’image et les objets, l’exposition met en avant la variété et l’omniprésence de la parole sous forme orale et écrite dans la société africaine d’aujourd’hui. Conscients que les mots sont « comme des balles de fusil, qui blessent à jamais le récepteur », certaines cultures africaines transforment la parole en signe physique ou sonore ; la communication s’exprime alors par le biais des objets, porteurs d’une signification particulière. Cette exposition nous permet de les découvrir, comme par exemple, le type de robe que portent les femmes lorsqu’elles soupçonnent leur mari d’infidélité, un tambour qui, utilisé en altitude permet d’envoyer des signaux divers, ou encore un pot en terre cuite qui sert à communiquer par la fumée… Ainsi, au fil des six salles, nous sommes amenés à nous questionner sur notre propre rapport à la parole dans un contexte où les liens sociaux s’éloignent de plus en plus.

Après une brève présentation de la diversité linguistique en Afrique, le visiteur découvre dans un premier lieu des langages africains ordinaires, ésotériques et courants. A travers des devinettes et des proverbes, la parole se construit grâce à un processus d’apprentissage quotidien chez les enfants. Elle devient alors un élément fondamental dans la construction de l’identité d’une communauté. Les écrits du quotidien permettent de valoriser les langues locales (par exemple : présence du peul dans les manuels scolaires). De plus, les médias comme la radio offrent la possibilité aux habitants de s’ouvrir au monde tout en diffusant leurs langues locales.

Manuels scolaires en peul
Manuels scolaires en peul

La deuxième salle présente la fonction sociale des plaisanteries qui se déploient sous diverses formes : sur facebook, les jeunes ivoriens échangent des joutes verbales d’insultes et au sein même d’un village, des crises de couple peuvent être résolues après concertation avec l’ensemble des habitants. Ainsi, la parole permet aussi d’atténuer les tensions sociales.

Le visiteur poursuit sa visite dans un nouvel espace mettant en scène les expressions littéraires africaines. Du point de vue de la littérature orale, l’Afrique regorge de conteurs qui, à travers la richesse de leurs histoires, réactivent les valeurs de la société africaine. Les instruments de musique offrent la possibilité aux griots de conter les épopées d’Afrique au rythme de la musique. Du point de vue de la littérature écrite, nous avons la possibilité de feuilleter des ouvrages en langues africaines dans le salon lecture. Ces écritures diversifiées permettent de valoriser les langues locales.

Ensuite, une salle de vidéo projection nous propose un cours-métrage sur l’utilisation de la parole dans les rituel d’initiation des femmes. Cette parole est considérée comme efficace puisqu’elle est proférée par la communauté à l’attention d’une jeune femme pour l’accompagner dans son apprentissage.

Appareil d'écoute de morceaux musicaux : slam et rap
Appareil d’écoute de morceaux musicaux : slam et rap

Au sein de l’espace suivant, les supports interactifs montrent que la parole d’Afrique est ouverte sur la monde. Non figée dans son passé, elle s’échange en relation avec celles des autres continents. Les mots et les pratiques langagières se modifient et s’enrichissent lorsqu’elles entrent en relation avec les autres cultures. La population se réapproprie ces nouveaux langages en créant de nouvelles formes artistiques comme le slam et le rap.

Enfin, l’exposition s’achève sur une vitrine mettant en évidence un projet pédagogique entre des écoles françaises et africaines. En complément, une présentation du conte comme outil d’intercompréhension nous permet de mieux cerner l’importance de la parole dans le processus de socialisation entre les hommes.

253
Le conte comme outil d’intercompréhension
  • Rencontre musicale : le groupe sénégalais Mussa Molo

Dans une vaste pièce du musée, chaleureuse et conviviale, composée de fauteuils et de coussins, les visiteurs ont été conviés (le 21 février 2013) à une rencontre musicale d’inspiration peule rythmée par des instruments traditionnels et modernes, avec le groupe sénégalais Mussa Molo (lien vers le site web du groupe). Abdou Sow, leader du groupe et les musiciens ont fait découvrir aux participants de cet atelier l’histoire et les secrets de fabrication de leurs instruments traditionnels comme le Hoddu, le Nianiérou, la Calebasse, le Balafon, le Djembé, le Saba… Puis, ils nous ont sollicité à devenir des musiciens à notre tour, en nous prêtant divers instruments afin de participer aux chansons avec eux. Cet atelier musical, ainsi que tous les modules de l’exposition, nous ont offert l’opportunité de découvrir et de partager la culture africaine, et de la concevoir sur le plan linguistique, sociologique, ethnologique, politique, et artistique.


Être médiateur culturel

A l’issue de la visite, l’un des guide de l’exposition Paroles d’Afrique nous a accordé un bref entretien. Il nous a fait part des modalités de création de l’exposition et, de manière plus générale, des différentes facettes du métier de médiateur culturel :

« L’exposition Paroles d’Afrique est l’aboutissement d’un travail de recherche scientifique de quatre ans qui continue de progresser. Au départ, un synopsis de l’exposition est élaboré en fonction des études scientifiques réalisées. Une scénographie voit le jour grâce à l’intervention de plusieurs professionnels qui choisissent d’agencer les espaces en fonction des idées à valoriser. Le travail du médiateur culturel consiste à communiquer à distance en permanence avec les deux commissaires d’exposition qui conçoivent l’exposition et les anthropologues qui poursuivent leurs recherches. L’objectif est de vulgariser les propos scientifiques à l’attention d’un public diversifié. Or, comment matérialiser la parole ? La difficulté est de rendre accessible ce sujet abstrait à l’attention de tous les publics, notamment auprès des plus jeunes. Il faut adapter le discours et les dispositifs de médiation. Nécessairement, il faut prendre de la distance à la fois par rapport à l’exposition et aussi par rapport à notre rôle de médiateur. Être médiateur culturel c’est sortir du statut de guide, savoir faire preuve d’empathie et se glisser dans la peau du spectateur. Notre intérêt réside également dans les retours critique du public vis-à vis de la scénographie. On peut alors faire part de ces remarques aux organisateurs et réadapter le parcours en fonction des spécificités du public. »

Propos recueillis le 21 février 2013 au MEB de l’université Bordeaux Segalen.

L’exposition Paroles d’Afrique et la programmation artistique à venir 

Toujours afin d’illustrer et de faire partager l’art de la parole au sein de la culture africaine, les artistes fondateurs de la Compagnie Auguste-Bienvenue, vous invitent le vendredi 17 Mai 2013 à participer à leur atelier d’expression corporelle (de15 h à 16 h 30), au sujet de la parole dansée. De plus, vous assisterez à un spectacle autour de l’oralité, de la danse, du chant et de la musique de18 h à 19 h : « La compagnie Auguste-Bienvenue explore l’univers de la parole et de l’oralité et nous emmènent en Afrique des proverbes et des devinettes. Le corps, le chant, la parole et la musique deviendront les vecteurs du dialogue avec le public où la tradition des villages africains renaît en milieu urbain d’aujourd’hui.»
(issu de la programmation artistique de Paroles d’Afrique, page consultée le 07/05/2013, voir : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/Flyer%20artistique.pdf )

Compagnie_Auguste_Bienvenue
La compagnie Auguste Bienvenue
(cop. : http://www.africultures.com)

Liens complémentaires :

Site du MEB : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/

Blog du MEB : http://meb.over-blog.com/

Dossier de presse de l’exposition Paroles d’Afrique : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/DP%20EXPO%20PAROLES.pdf

Page Facebook de l’exposition Paroles d’Afrique : http://www.facebook.com/MebExpositionParolesDAfrique

@_lrichard_

@altorres_t

Comprendre la médiation culturelle

Comment sensibiliser un public le plus largement possible au savoir et à la culture ?

Panneau d'exposition : Paroles d'Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux
Panneau d’exposition : Paroles d’Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux

Enjeu phare des institutions culturelles, l’accès au savoir et à la culture pour tous nécessite la mise en place d’outils de médiation toujours plus créatifs et innovants en vue de capter un public réel et potentiel.  A partir de la pensée d’auteurs, nous allons explorer le concept de médiation culturelle et ses évolutions à l’aune du numérique.

La médiation culturelle : ses objectifs, ses dispositifs et ses perspectives

Construire, organiser et exposer des collections d’œuvres d’art au sein des musées ou des bibliothèques ne suffit plus aujourd’hui. Nécessairement, il faut élargir la visibilité de ce patrimoine afin d’assurer une égalité d’accès à la culture et au savoir, en particulier en direction des publics éloignés. Mettre en œuvre un travail de médiation adapté permet aux individus de connaître et d’appréhender plus facilement les œuvres muséales. Ce dispositif offre la possibilité aux institutions culturelles de répondre à des impératifs sociaux et éducatifs.

Selon Jean CAUNE dans son ouvrage La médiation culturelle : une construction du lien social, la médiation s’exprime de manière directe (un médiateur présent dans l’action de médiation) ou indirecte (signalétique, site internet, outils interactifs…). De plus, elle représente : « l’ensemble des actions qui vont faire en sorte de réduire les écarts de compréhension entre des œuvres et le public ». Dans son aspect social, la médiation suppose la prise en compte des spécificités des publics visés. L’objectif est de mettre en relation un public éloigné avec l’institution pour qu’il y trouve sa place et accède aux œuvres. Du point de vue éducatif, la médiation a pour objectif d’apporter un enseignement informel en accompagnant l’usager dans sa rencontre avec l’œuvre et le savoir.

A l’heure du numérique, les musées multiplient les médiations indirectes à l’aide de nouveaux outils interactifs. A partir d’une application sur téléphone portable, la réalité augmentée ou RA offre la possibilité aux spectateurs d’obtenir des contenus informatifs complémentaires concernant une œuvre ou bien de s’immerger virtuellement dans un tableau dans le cadre d’une exposition muséale. Ces technologies numériques multiplient les possibilités de médiation dans les musées ou les bibliothèques et permettent de capter un public plus large.

Comme l’indique Vincent Liquète dans la publication collective Médiations de la revue Hermès, les formes de médiations tendent à évoluer vers le renforcement du ludique, le passage à l’expérimentation et le transfert d’un cadre technique au cadre intuitif.

Bibliographie

CAUNE, Jean. La médiation culturelle : une construction d’un lien social, 2006. (page consultée le 07/05/13).

CONTENOT, Félicie. « La médiation au service de la confluence du musée et de la bibliothèque », BBF, [en ligne], 2011, n° 4.

LAMIZET, Bernard. La médiation culturelle. Paris : L’harmattan, 2000.

LIQUETE, Vincent. « Médiations et communications », Hermès, 2010. (Les essentiels d’Hermès).

SANDOZ, David. Repenser la médiation culturelle en bibliothèque publique : participation et quotidienneté. Mémoire d’étude sous la direction de Bernard Huchet, ENSSIB, 2010.

@_lrichard_

Quels accompagnements peut-on associer au serious game ?

Dans notre article précédent, nous avons vu qu’ un serious game est la mise en relation d’un jeu (vidéo) associé à une fonction utilitaire. Cette dernière s’écarte du seul marché de divertissement et peut être déclinée en trois catégories : la diffusion de messages (marketing, éducatif,  informatif, subjectif), la mise en place d’un entraînement ou la collecte de données.
Cependant aborder l’objectif utilitaire d’un serious game est une affaire complexe et nécessite plusieurs niveaux d’accompagnement. Ces derniers sont abordés par Julian Alvarez lors de la conférence en pédagogie TICE 2012 dont vous pouvez voir l’intégralité dans la vidéo ci-dessous.

Concevoir l’objet serious game mobilise plusieurs intelligences et des compétences collectives : la gameplay (réalisation, programmation), le game designer (scénario, niveaux de jeu),  les  experts (connaissances à faire passer) et les ingénieurs pédagogiques multimédia (jonction entre les différents acteurs). À cela s’ajoute une batterie de tests visant à améliorer pour chaque itération  la pertinence de l’objet  sur le plan ergonomique ou sur la réception des messages.
Il s’agit également de prendre en compte le contexte de diffusion et d’utilisation de l’objet dans les écosytèmes auxquels il se destine. Par exemple : il est difficile d’intégrer un jeu sur le problème de la pédophilie au Vatican dans des écoles catholiques.
Un serious game nécessite des accompagnements spécifiques. Dans l’enseignement universitaire, un chercheur nommé Franziska Zellweger Moser en distingue cinq.
Une analyse continue des besoins des usagers, des services testés et adaptables reflétant les compétences énoncées par le personnel de support, une concertation, des projets collaboratifs et des activités d’évaluation sont recommandés. Cette liste concerne les usagers (les apprenants) et les commanditaires ou les prescripteurs (les enseignants, les équipes pédagogiques). Cette liste peut être complétée selon Julian Alvarez.

Sans-titre-True-Color-01-copie-12

Il cite par exemple une étude faite sur Technocity et les problèmes soulevés quant à son accompagnement a posteriori. Julian Alvarez note un manque d’ accompagnement dans la conception du serious game.
Selon lui, on ne cloisonne pas la partie ludique de l’utilitaire. C’est maladroit dans le sens où si l’étudiant identifie ces parties utilitaires, il va passer outre et il ne va pas prendre une posture d’apprenant. Parmi les manques recensés, Julian Alavarez note également un problème d’accompagnement à l’utilisation (les élèves se débrouillant par eux-mêmes et les Sixièmes utilisent davantage le jeu que les Quatrièmes initialement visés). De même il soulève un problème d’accompagnement à la diffusion (le professeur-documentaliste ne sachant pas comment fonctionne le jeu ou les enseignants visés ne sachant pas qu’il avaient le jeu à leur disposition).
Ces accompagnements constituent trois grandes familles que l’on retrouve dans la plupart des serious games.

    Chacune de ces grandes familles peut-être subdivisée en plusieurs catégories. Par exemple la première famille associée à la réalisation du serious game comprend huit items : un accompagnement à la culture vidéo-ludique et artistique (culture du jeu, codes), un accompagnement à la gestion de projets (optimiser le processus de réalisation de son utilisation à sa diffusion, optimiser l’intelligence collective), un accompagnement à la conception, un accompagnement juridique (droits d’auteur, règles), financier et administratif,  un accompagnement aux tests, pédagogique (les approches peuvent être différentes selon le type d’apprenant et la matière) et un accompagnement à la recherche-développement.
Dans ce dernier cas, on peut citer la création d’objets hybrides, mélangeant le tangible et le virtuel,  tels que  les tablettes ou  Le livre qui voulait être un jeu vidéo d’Etienne Mineur.
Dans un autre registre, les utilisateurs du jeu sérieux ne sont pas tous égaux et certains  vont développer une compétence plus aiguisée (skillplay) voire préférer certains types de jeu (action ou réflexion) que d’autres.  Par conséquent une médiation est nécessaire pour compenser cette hétérogénéité au niveau de l’appréhension du  jeu.
De plus un accompagnement à la lecture et à l’interprétation du serious game est recommandé. Certains jeux peuvent être instrumentalisés, induire des messages biaisés ou cachés comme « Énergie Vive » qui promeut de façon déguisée l’utilisation du pétrole en dépit des énergies renouvelables selon Julian Alvarez. Un apprentissage est de ce fait nécessaire pour développer l’esprit critique.

Pour faciliter la diffusion d’un serious game, un  accompagnement général au changement est également recommandé (l’ensemble du personnel d’un établissement scolaire peut être concerné par exemple). Il s’agit de freiner les a priori négatifs quant à l’utilisation de ces jeux et que ces derniers puissent être intégrés de façon cohérente avec l’ensemble du système.
En outre, un accompagnement marketing doit être opéré. Il s’agit, dès le début du projet, d’élaborer des stratégies de communication afin d’atteindre un public ciblé (les parents d’élèves ou les établissements par exemple). Ceci n’a pas bien fonctionné dans le cas de Technocity où seul le nom du producteur, l’Académie de  Toulouse, était cité.
De plus  des modèles économiques doivent être proposés pour assurer la rentabilité des serious games (coûtant parfois très chers) et leur diffusion. De même, pour déployer un serious game, un accompagnement politique voire stratégique est mis en œuvre.
Enfin un retour d’expériences est nécessaire pour étudier l’impact d’un serious game, pour éviter les écueils et optimiser le développement du jeu.

    Les cinq accompagnements de Moser sont inclus dans ces quinze items.
Ces accompagnements recensés ne sont pas inédits et convoquent des approches déjà existantes pour la réalisation d’autres objets numériques (systèmes experts, simulations, site internet, jeux vidéo…).
Cette liste n’est pas exhaustive et ouvre de nouvelles perspectives. Ces indicateurs pourraient évaluer le gain en efficacité éducative que ce soit à destination d’apprenants de patients que du grand public.
Dans la mise en œuvre d’un serious game, il faut toujours chercher la cohérence. Selon Julian Alvarez, une rupture entre les infographies utilisées et la mécanique de jeu par rapport aux orientations pédagogiques, au contexte visé ou le public ciblé peut être un exemple de contre-indication. La rupture peut s’opérer à différents niveaux dans le rythme du jeu ou au niveau de l’immersion (le Flow). C’est l’état où l’étudiant se concentre sur sa tâche mais doit, au bout d’un moment, prendre du recul pour aboutir à la compréhension (soit prendre une position d’apprenant).
Par ailleurs, l’accompagnement au changement est à mettre en relation avec la représentation qu’on se fait du jeu vidéo. C’est un frein à soulever. Dans un cadre idéal, Julian Alvarez propose une pédagogie active (soit une formation des enseignants en petits groupes), une utilisation de ces différents jeux puis un retour oral sur les apports ressentis (les messages ou les fonctions utilitaires). L’objectif final consiste à susciter une envie, une possible mise en œuvre du jeu en classe.
Des personnes, ayant déjà une culture vidéo-ludique, peuvent être sollicitées pour sensibiliser d’autres à dépasser le simple cadre du divertissement et à utiliser le jeu dans un contexte d’enseignement.

 
@NicolasBusquet1

Usages pédagogiques des réseaux sociaux

Le Mercredi 12 Décembre, nous avons eu l’honneur de proposer une présentation de notre veille sur le thème « usages pédagogiques des réseaux sociaux » lors de La 3ème Rencontre « Au doigt & à l’œil » organisée par l’an@e. A travers ce post, nous vous proposons  de lire notre travail; Le diaporama présenté lors de cet évènement  est aussi  en ligne sur Slideshare, il comprend notamment la webographie utilisée.

Les médias sociaux sociaux sont des outils qui désignent « un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur Internet ou en situation de mobilité, alors que les réseaux sociaux reflètent une communauté d’individus qui interagissent ». (Frédéric Cazzava, 2009)

Genèse de l’utilisation des réseaux sociaux à des fins pédagogiques (@GarraManuel, @DaphneMathelier)

L’utilisation des réseaux sociaux s’est généralisée depuis l’année 2007. On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussées les professeurs à utiliser les réseaux sociaux et quels ont été les premiers usages. C’est en constatant que leurs élèves passaient de plus en plus de temps sur ces réseaux, que certains professeurs – utilisateurs de ces réseaux – ont décidé de les utiliser à leur profit en leur ajoutant une perspective pédagogique. A leurs débuts, les réseaux sociaux étaient utilisés pour permettre aux individus d’échanger entre eux et pour qu’ils puissent partager des informations et les diffuser. Très vite les élèves se les sont appropriés et pour pouvoir les utiliser comme outils d’apprentissage les professeurs dans un premier temps ont dû innové et développé des pratiques pédagogiques en lien avec Internet. Le but étant  d’attiser l’intérêt des élèves et de mettre en perspective l’enseignement dispensé en classe avec des contenus virtuels. Parmi les premiers projets pédagogiques en lien avec les réseaux sociaux on peut citer la première “twittclass” française lancée à la rentrée 2009 par un professeur d’Histoire-géo, Laurence Juin, dans un lycée professionnel de La Rochelle. En mai 2011 on en comptait 80 dont 50 en France. L’utilisation de Facebook par les enseignants est, elle, plus hésitante. Les professeurs-documentalistes utilisent plus volontiers Facebook pour diffuser des informations concernant leur CDI ou pour proposer des outils complémentaires (à titre d’exemple le CDI du lycée de l’Immaculée Conception à Laval a ouvert une page Facebook dès septembre 2009). Certains professeurs seraient à même d’enseigner l’utilisation de ces réseaux sociaux dans le sens où ils connaissent et maîtrisent précisément les fonctionnalités de ces réseaux. Néanmoins l’usage des réseaux sociaux à des fins pédagogiques s’il se généralise demeure encore une expérience novatrice.

Quels réseaux sociaux utilise-t-on à l’école primaire? (@jbourguet, @amelina_def)

En effectuant nos recherches, on a pu voir que Facebook n’était pas utilisé à l’école primaire en raison de l’âge des enfants. En effet, un compte Facebook ne peut être ouvert qu’à partir de 13 ans. En revanche, Twitter est beaucoup utilisé à l’école primaire : on recense 112 twittclasses en France. Pour mettre en place une twittclasse, il faut soumettre le projet à la direction, aux parents et à l’équipe pédagogique. De plus, l’enseignant doit créer un compte classe pour mettre en place les séquences pédagogiques. L’intérêt pédagogique de Twitter est de permettre aux élèves de s’exercer à l’écriture et à la lecture. Ainsi, Twitter est utilisé de différentes manières: les élèves font des commentaires,racontent leur classe de découverte et font des exercices de mathématiques. Pour tweeter, les élèves se servent de tablettes, de tableaux numériques, d’ordinateurs, de logiciels d’écoute de tweets et de smartphones. La twittclasse permet donc des interactions entre le groupe classe, l’élève , les parents, les autres classes, les abonnés et l’enseignant. Pourtant, l’utilisation de Twitter en classe est appréhendée. Les enseignants ne savent pas maîtriser Twitter et Twitter est considéré comme quelque chose de dangereux puisqu’il est “un réseau social ouvert”.Mais, il existe des guides pour les enseignants à la formation de Twitter. Du côté des élèves, la formation à Twitter prend plus de temps que l’expérimentation ce qui peut être un inconvénient à la Twittclasse. Selon l’article d’Aurélien Jean sur le site du Cefrio,“Twitter est  un excellent moyen d’enseigner, d’apprendre et de communiquer dans une salle de classe mais il faut pour cela que le cadre de travail soit bien défini et que le projet soit soutenu par les différents acteurs impliqués”.téléchargement

Quels réseaux sociaux utilise-t-on dans le secondaire? (@NicolasBusquet1, @altorres_t)

Dans le cadre de l’enseignement secondaire, beaucoup de professeurs et encore plus d’élèves, font appel aux médias sociaux tels que : Twitter, YouTube, Picasa, MySpace, LinkedIn, Flickr, Skyblog, etc. Quels sont les enjeux et l’impact pédagogique auprès des adolescents du secondaire? Nous nous attacherons à y répondre en analysant brièvement les intérêts et les limites des usages pédagogiques de ces outils. Étant donné l’âge moyen des élèves au  collège, il est pertinent de les sensibiliser aux enjeux de l’identité numérique, et de les responsabiliser face à l’utilisation des réseaux sociaux. L’enjeu majeur consiste à  protéger la confidentialité de ses données personnelles. D’après Audrey Miller, les élèves devraient être amenés à signer une charte d’usage des médias sociaux . De plus les enseignants peuvent s’inspirer d’expériences vécues par les élèves où l’identité de ces derniers a été compromise; on peut alors souligner les aspects positifs des médias sachant qu’il est plus  facile de parler avec un avatar ou un pseudo. Adopter une attitude responsable (pas de menace ni d’insultes…), respecter des règles et des obligations, sont les maîtres-mots du vivre ensemble en ligne. Philippe-Didier Gauthier (automne 2008) propose une solution pour construire son identité en ligne et la contrôler, à l’aide d’un portfolio numérique pour valoriser ses compétences. Au lycée, les médias sociaux sont davantage exploités dans le cadre d’un travail collaboratif de recherche. En effet, ils permettent non seulement de créer des interactions, de communiquer, d’échanger (ex: forum), mais aussi d’ouvrir une classe “hors-les-murs” (complément du cour en présentiel) et au-delà du temps scolaire. Les professeurs se mettent alors au service des élèves, et ne sont plus les seuls détenteurs du savoir, par exemple pour réviser la baccalauréat ou encore, réaliser un projet d’écriture autour du cinéma avec Twitter. Cependant, quelques difficultés peuvent être rencontrées quant au temps supplémentaire nécessaire à la formation des professeurs et à la sécurisation des données. Des questions d’ordre pédagogiques émergent aussi telles que: Puis-je garder une certaine distance professionnelle en devenant “ami” avec mes élèves ?,  Utiliser ces outils est-ce vraiment efficace dans l’apprentissage, quels sont les résultats ?

images

Quels réseaux sociaux utilise-t-on dans le supérieur?  (@_lrichard, @jmainhaguiet)

Actuellement, les nouvelles technologies prennent une place capitale dans le quotidien des gens plus particulièrement des jeunes adultes. L’utilisation du web et des réseaux sociaux est au coeur de leurs pratiques. Conscient de cette évolution, l’enseignement supérieur souhaite exploiter ces ressources pour proposer des enseignements actualisés et adaptés à la vie des étudiants. C’est dans ce cadre que les enseignants veulent varier et adapter leurs techniques d’enseignements en prenant en compte les nouvelles attentes des étudiants. En intégrant l’usage des réseaux sociaux, les enseignants ont pour objectif d’apprendre aux étudiants à distinguer les savoirs pertinents, à partager et confronter leurs connaissances tout en offrant un mode original de dialogue. Ils souhaitent mettre en avant ces nouveaux outils d’accès et de contrôle de la connaissance. Du point de vue de l’université, les réseaux sociaux sont des ressources très utiles pour créer des liens et un sentiment d’appartenance entre le corps professoral et les étudiants. Ils permettent de valoriser et de communiquer à distance l’image et la notoriété de l’université. Pour mettre en oeuvre leurs objectifs pédagogiques, les professeurs proposent aux étudiants d’utiliser des environnements collaboratifs (Elgg, les Wikis) qui favorisent le partage, la co-construction de connaissances et l’écriture collaborative. À l’aide de Facebook et de Twitter, communautés virtuelles permettant l’émergence d’espaces d’apprentissage personnels, les étudiants peuvent partager en ligne leurs intérêts pédagogiques et/ou personnels. L’outil de curation Scoopit dans l’enseignement supérieur permettant de rassembler tout type de document sur un thème donné. Delicious comme Diigo est mis en avant pour sa capacité à regrouper toute une série de liens ( articles, images, photos, vidéos) sur un même sujet. Ces deux outils sont riches de contenus divers susceptibles d’enrichir les connaissances et l’apprentissage des étudiants. Facebook et Twitter, sont des moyens de communiquer sur les animations, les évènements et informations utiles à l’attention des étudiants. A l’aide de ces outils, les universités veulent créer des communautés autour de la marque de l’université. Pour illustrer ce thème d’étude, nous avons relevé plusieurs exemples d’exploitations pédagogiques de ces réseaux sociaux au sein de l’enseignement supérieur. Eric Delcroix, enseignant, Community-Manager de l’UFR IDIST de l’Université de Lille utilise Facebook depuis 3 ans dans le cadre de projets d’années avec ses étudiants. En 2009, il a mis en place une expérience en cours avec Twitter dans le cadre d’exposés. Concernant l’université de Leicester, elle s’est intéressée aux médias sociaux et à la possibilité de mettre en place un réseau de partage et de réflexion entre étudiants et professeurs. Le but est de fournir des informations relatives aux cours (liens, dossiers…), d’ouvrir un forum de discussion sur lequel étudiants et professeurs peuvent débattre des sujets évoqués, revenir sur les points à éclaircir.

Quelles sont les pratiques européennes? (@LefebvreChris16,  @lucie_ruffin)

Mettre en oeuvre une veille de quelques semaines sur les pratiques européennes s’est avérée difficile. En effet, nous nous sommes heurtées à un  manque d’information concernant les pratiques hors France. En France les expériences de twittclasses sont nombreuses et  le site Twittclasses-posterous.com recense rien que pour cette année une cinquantaine de classes francophones. Concernant la Grande-Bretagne ,un article de la BBC rapporte les propos d’un responsable en éducation en Angleterre, Stephen Heppell : « Les écoles doivent intégrer les technologies des mobiles, les jeux, les podcasts et les réseaux sociaux, elles doivent aussi rompre avec le modèle traditionnel de la classe et des programmes. Nous avons besoin de séquences de travail moins morcelées et nous devons permettre aux jeunes de prendre en charge leur apprentissage ». Dans une i-classe de Wattrelos en France le professeur de la cité scolaire  Zola utilise avec ses élèves un compte Twitter pour l’aide aux élèves (soutien) ,pour travailler sur la méthode de rédaction, écrire des résumés de leur travail en classe et faire des mindmappings qu’ils envoient via Twitter. Au Danemark, l’utilisation d’Internet lors du passage de notre équivalent du bac est autorisé depuis 2009 et devait être généralisé en 2011.

Cet article posté par @jbourguet a été écrit par notre collectif.

Médiation du patrimoine de l’éducation

CapturerDans le cadre du programme régional de recherche : Patrimoine aquitain d’éducation, l’IUFM d’Aquitaine a organisé une conférence le 30 janvier 2013 « A la découverte du patrimoine de l’éducation : valorisation, médiation, communication » qui s’est tenue au musée d’Aquitaine de Bordeaux.

Cette journée d’étude avait pour objectif d’étudier et d’apporter des éléments de réponses concrètes aux interrogations suivantes :

Comment valoriser le patrimoine éducatif régional ? Quels sont les enjeux épistémologiques, pédagogiques et juridiques liés à la médiation du patrimoine ? Quels sont les outils de médiation nécessaires pour communiquer et partager ce fonds documentaire spécifique ?

Le patrimoine et ses enjeux

Les premiers intervenants ont ouvert la séance en soulignant l’importance de rassembler, de traiter , de rendre visible et partageable ce patrimoine éducatif à l’attention de tous et plus particulièrement de la communauté éducative. La notion de « machinerie patrimoniale » a été évoquée pour désigner l’omniprésence du patrimoine dans la société et le monde de l’éducation. Pour mieux appréhender son passé et son identité, cet ensemble documentaire peut être didactisable et didactisé pour des enseignements au patrimoine de l’éducation.

Dans ce cadre, le patrimoine de l’éducation national nécessite un travail collectif pour appréhender les liens entre histoire et éducation. Des actions de médiations concrètes sont à décrire : médiations sur le plan documentaire, social, culturel et pédagogique. Ce type de projet doit être mis en œuvre en prenant en compte les aspects politiques (inscription dans des programmes nationaux et internationaux), techniques (interopérabilité des systèmes, collaboration des chercheurs, numérisation…) et juridiques (traitement des droits dans l’utilisation d’une œuvre). Enfin, la médiation du patrimoine nécessite un accompagnement et une prise en compte de la réception du contenu culturel. Les conclusions de l’introduction scientifique mettent l’accent sur l’apport indéniable du numérique et des nouvelles technologies pour finaliser les projets de médiation du patrimoine éducatif régional.

Actions de médiation du patrimoine régional

Le deuxième volet de la journée a donné lieu à plusieurs interventions concernant la valorisation du patrimoine et numérisation, la pédagogie du patrimoine en éducation et les transformations du patrimoine.

  • Qu’est-ce que la BNSA ?

La Banque Nationale du Savoir Aquitain est un programme de numérisation des patrimoines locaux. Développée par la DRAC Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la Région Aquitaine (Direction de la Culture et du Patrimoine), elle a pour objectif de numériser et de valoriser le patrimoine bâti, écrit, artistique, paysager, oral de la préhistoire jusqu’aux cinquante dernières années. Elle déploie ses projets autour de trois axes : la création de collections documentaires numérisées en direction d’un public spécialisé, d’un dispositif pédagogique BNSA à l’attention de la communauté scolaire et de productions éditorialisées et des services numériques de médiation à destination du grand public. La fabrique BNSA est un dispositif nouveau dédié aux nouvelles formes de médiations numériques mis en place par la Région Aquitaine ( production de serious games par exemple ). Actuellement, ce dispositif s’oriente vers de nouvelles formes de médiations autour des nouvelles écritures et des nouveaux médias. L’objectif constant est de s’approprier au mieux les richesse aquitaines.

Pour offrir un meilleur accès au patrimoine éducatif du Nord-Pas-de-Calais, les bibliothécaires de l’IUFM de Lille ont choisi de valoriser les collections des anciennes écoles normales de la région. Le but était de créer une bibliothèque patrimoniale numérique qui soit visible sur le web. A partir des moyens et du temps qui étaient à leur disposition, les professionnels ont choisi de numériser un corpus d’ouvrages original et les planches scolaires des écoles normales. Issues du web 2.0, les fonctionnalités de cette bibliothèque numérique lui permettent d’être interactive avec l’ensemble des internautes, notamment sur les réseaux sociaux. Pour être au mieux partagée et partageable, la bibliothèque numérique de l’IUFM de Lille est en lien avec la bibliothèque numérique de la BNF, Gallica . L’objectif des initiateurs du projet est de devenir acteur dans l’enrichissement du web pour permettre la dissémination la plus large de l’information.

  • Archives municipales de Bordeaux et le numérique

Mettre en place de nouvelles formes de médiations est le point de travail prioritaire de l’établissement. En lien avec les écoles de la région, elle souhaite initier une politique de médiation pédagogique et développer les outils numériques. C’est dans ce cadre que les archives municipales de Bordeaux ont réalisé le parcours Monumérique-archimérique ou Traite négrière, esclavage et abolitions. En partenariat avec les acteurs de l’éducation artistique et culturelle de la région, l’établissement a pour objectif pédagogique d’éduquer les jeunes au regard et à la citoyenneté, de développer leur esprit critique, de les éduquer aux techniques documentaires et à l’écriture numérique jusqu’à la mise en ligne et de leur faire découvrir les métiers du patrimoine et du numérique.

Conclusions de la journée

Avant de clôturer le débat, les derniers intervenants ont soulevé plusieurs interrogations encore perceptibles dans les projets de médiation du patrimoine. Ils ont notamment rappelé l’importance de l’interopérabilité des ressources et d’une indexation pertinente des corpus pour une meilleure dissémination des informations sur le web. Selon eux, la valorisation dans le domaine du patrimoine reste encore à l’essai : l’accompagnement dans la médiation et le processus de réinvention des ressources à l’heure du numérique sont encore en questionnement. Enfin, ils signalent que le support numérique demeure davantage étudié et utilisé par les communautés professionnelles issues des domaines artistique et culturelle que par celles issues de l’enseignement scolaire.

@_lrichard_

Les serious games en bibliothèque

Dans notre article précédent, nous avons noté que les jeux sérieux peuvent être considérés comme des compléments utiles à la formation traditionnelle et touchant progressivement une plus grande diversité de domaines. À ce propos, les serious games sont peu à peu intégrés au sein du monde des bibliothèques.
Effectivement, comme nous l’indique le site Éduscol, une journée thématique a été organisée à l’ENSSIB par un groupe d’élèves conservateurs sur le thème des jeux sérieux en bibliothèque en octobre 2012. « L’objet de cette journée a porté sur la définition de la notion de serious game puis sur sa spécificité par rapport aux autres produits numériques que peuvent promouvoir les bibliothèques (jeux vidéo, réseaux sociaux…). Il s’agit donc de sensibiliser les bibliothécaires, mais aussi les professionnels de la documentation, à la pratique et aux enjeux des serious games, autour des questions suivantes : comment les choisir ? Quels sont leurs avantages et leurs limites ? Comment monter un projet ? Quelles sont les médiations possibles ? » .
L’ensemble des communications est disponible sur le site de l’ENSSIB.

actu-serious-games

Une interview de Thierry Robert, un des intervenants de cette journée, est également disponible sur le site de Savoirscdi.
Selon ce dernier, dans le fonds, le jeu peut être une porte d’entrée culturelle qui permet de mettre en relief l’ensemble des autres documents de la bibliothèque : livres, mangas, BD, etc.
Un jeu sérieux est un jeu qui n’a pas comme principal objectif le divertissement ou la récréation. Les jeux sérieux regroupent de façon très large des jeux pour la formation, des jeux pour l’éducation, des jeux pour la sensibilisation, etc.

Les jeux sérieux ne sont pas uniquement basés sur le concept des jeux vidéos, comme certains jeux de société qui font que les jeux sérieux s’intègrent plus aisément dans une bibliothèque.
Il n’y a pas de demande du public de jeux sérieux (ce type de document est très méconnu). Le jeu sérieux est plus demandé par les employés qui veulent donner un aspect éducatif aux jeux en bibliothèque.

Thierry Robert distingue également différents types de médiations autour des jeux sérieux.
Pour lui, la plus grande médiation vient avec la création d’une collection de jeux sérieux à l’intérieur d’un site web et leur mise en valeur par le biais des réseaux sociaux. Thierry Robert parle, dans ce cas, de médiation virtuelle soit le fait d’aller à l’usager par le biais du web.
Dans le cadre de la médiation humaine, Thierry Robert évoque la possibilité de créer une équipe d’animateurs et d’animatrices pour compléter l’utilisation du jeu dans des classes d’un programme de développement des compétences informationnelles intitulé « Bibliothèques à la rescousse ».

Par ailleurs, monter un projet de jeu sérieux nécessite un budget important. Dans le cas de Thierry Robert, le montant total s’est élevé à 20 000 euros sur une période initialement prévue à huit mois.
Du point de vue de la méthode pour aider au développement de la recherche on peut utiliser le jeu comme un outil de recherche : « quand on veut réussir le jeu, il y a des obstacles à vaincre » selon Thierry Robert.
La résolution de problèmes dans le cas d’un jeu vidéo traditionnel peut être un point de départ pour enseigner la recherche d’informations.
Pour enseigner les compétences informationnelles, il existe très peu de jeux sérieux que ce soit aux États-Unis ou en France.
Cependant selon l’opinion de Thierry Robert, les documentalistes peuvent aider à changer la vision du jeu comme un apprentissage alternatif, comme une autre façon d’apprendre qui n’est pas automatiquement didactique. Le jeu sérieux peut apporter une plus-value qui est souvent moins bien perçue par les enseignants.
L’intégration des jeux serait selon lui une très bonne approche parce que les jeunes apprennent énormément par la pratique.

@NicolasBusquet1