Quand la poésie numérique fait twitter les élèves

Lors des Boussoles du numérique, un atelier intitulé “Poésie numérique et réseau social de micro-blogging” a rapidement attiré ma curiosité pour poursuivre ma réflexion sur l’usage pédagogique des réseaux sociaux débuté l’année précédente lors des rencontres de l’an@é. Animé par Elise Chomienne (Ingenieur TICE à l’université de Bordeaux 3 et professeur à l’ESPE d’Aquitaine), l’atelier a mis en lumière un projet de liaison école-collège orchestré par Julie Blancard (professeur documentaliste, collège Nelson Mandela, Floirac) et Géraldine Margnac (professeur de Français, collège Nelson Mandela, Floirac) ainsi que Céline Souleille, professeur des écoles (Ecole élémentaire Pierre et Marie Curie, Floirac).

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Les élèves de la 6ème B du collège de Floirac appelée “classe média” participent au projet intitulé innovation-expérimentation d’éducation aux médias mené en binôme par Mme Blancard et Mme Margnac (voir en ligne sur le blog de la classe). En raison de deux heures par semaine, le projet s’articule autour de 3 axes :

  • Élaboration de reportages radiophoniques (podcasts) en partenariat avec le CLEMI Bordeaux.

  • La presse écrite. Rédaction d’un journal papier et sa version en ligne. Participation au Prix Varenne qui récompense les journaux scolaires.

  • Pratiques des médias numériques dont le micro-blogging avec une réflexion sur l’usage responsable d’Internet.

Concrètement, le projet consiste à créer du lien entre les élèves de l’école élémentaire et ceux du collège à travers une communication commune sur un réseau social préalablement choisi par les enseignants. Ainsi, les élèves échangent des haïkus, petits poèmes japonais qui se prêtent merveilleusement aux contraintes du tweet en réponse à des photographies du quartier posté par les élèves de l’école élémentaire. Les objectifs transversaux sont nombreux : liaison école/collège, appropriation du quartier (actuellement en mutation pour cause de travaux), éducation et accompagnement à l’usage des réseaux sociaux soit une maîtrise des outils et le développement d’une utilisation critique. Enfin, il s’agit aussi de “donner du sens aux apprentissages par une démarche de projet motivante”. Les objectifs disciplinaires sont aussi multiples que ce soit pour les élèves du collège mais aussi pour les plus petits : découverte des auteurs et des oeuvres, travail autour de l’imaginaire, travail autour de l’écriture et de la maîtrise de la langue française… Au niveau des compétences info-documentaires, ce projet permet notamment de valider des items du b2i (compétence 4 du socle commun de connaissances et de compétences) tels que s’approprier un environnement informatique de travail (domaine 1), adopter une attitude responsable (domaine 2) ou encore communiquer et échanger (domaine 5). En effet, la question de l’identité numérique s’est posée dès le début du projet avec la création des comptes Twitter/Babytwitt pour les collègiens et Babytwitt pour les CM1. Quelle plateforme de micro-blogging ? Utilisation d’un compte ouvert ? Choix de l’avatar ? Quel pseudo ?…De nombreux questionnements ont émergé chez les enseignants mais aussi chez les élèves. On retiendra par exemple le choix unique de babytwit pour le cycle élémentaire, un logiciel libre d’origine française permettant la protection des données postées par les élèves et aussi l’absence de publicité. Enfin, ce projet se positionne aisément dans le cadre du PACIFI (parcours de formation à la culture de l’information) sur lequel s’appuie les professeurs documentalistes. On pourrait alors citer la fiche 8 du PACIFI qui insiste sur l’éducation des élèves aux médias d’actualité autour des notions de communication, d’esprit critique ou encore de débat et cela grâce à la mise en place d’activités de production.

Ce projet innovant ouvre un peu plus la voie vers une éducation par et avec les réseaux sociaux au profit d’une culture informationnelle qui me semble plus que nécessaire dans la société 2.0. Pour ceux ou celles qui voudraient tenter l’expérience, rendez-vous sur la page Twittclasse et découvrez ceux qui ont déjà franchi le pas.

@jbourguet

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Pourquoi construire une identité numérique au sein d’un établissement scolaire?

La gestion de l’identité numérique au sein d’un établissement scolaire est devenue incontournable pour l’autonomie des établissements publics. Il incombe au chef d’établissement de donner une direction à son organisation, faire partager une vision et s’assurer finalement que les résultats des objectifs attendus sont atteints. Néanmoins, comme le souligne le livre Le nouveau défi de l’enseignement scolaire à l’ère du numérique (Leblond, Moracchini, Pierrat), « les valeurs partagées, les compétences, connaissances et savoir-faire, donnent une coloration particulière à chaque établissement et sont constitutives de son identité institutionnelle propre. A ceci près que la question ne se pose jamais  en termes d’identité numérique… ». Or, c’est parce qu’elle articule l’ensemble des éléments qui structurent un collectif que l’identité numérique permet l’identification d’une institution ou d’un groupe. Elle agit comme un mode de repérage des membres entre eux. Cette identité numérique s’inscrit donc dans un espace social, mais, il faut être conscient qu’elle ne nous appartient jamais totalement et ses traces survivent longtemps après.

Par ailleurs, il faut admettre qu’il existe depuis longtemps une identité institutionnelle de l’école qui imprègne plus ou moins fortement l’identité de l’élève mais aussi celle des professeurs. Cette impression d’appartenir à une communauté (ce qui est typique des réseaux sociaux) a toujours existé, ne serait-ce qu’avec les associations ou réunions d’anciens élèves !

Construire une identité numérique pour l’établissement scolaire est donc une étape nécessaire et tous les acteurs de l’établissement doivent prendre conscience de l’importance d’apprendre à maîtriser son image mais aussi de participer activement à sa construction. Il faut de fait, résoudre ce paradoxe de vouloir à tout prix former les élèves à la gestion de leur identité numérique si l’on ne se soucie pas un instant de celle dans laquelle chacun évolue au quotidien dans son cadre de travail.

Quels sites pour abriter son identité numérique?

Aujourd’hui, nombreux sont les sites permettant d’être présent sur le web. Face à l’inflation de ces sites, avant d’opter pour l’un ou l’autre, il est judicieux de se demander lequel illustrera le mieux le reflet de vos compétences. Les réseaux généralistes, souvent bien référencés, permettent de mettre en avant votre parcours professionnel. Mais il existe également des réseaux plus spécifiques à certains secteurs comme Digikaa pour les professionnels du web. Sur un autre modèle, Aliaz est une sorte de carte d’identité en ligne. Ce dernier représente un point d’entrée vers toute votre présence web ainsi qu’un moyen de valoriser son image en personnalisant sa page en profondeur. Cela est astucieux car il permet de communiquer l’adresse directement (par mail, sur C.V, sur sa carte de visite…) aux personnes susceptibles de faire des recherches sur vous. Les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou encore Google Plus peuvent également abriter votre identité numérique. Attention, si votre utilisation est avant tout personnelle, réglez vos paramètres de confidentialité pour ne pas dévoiler votre vie privée. En revanche, si votre utilisation des réseaux sociaux est professionnelle, Twitter et Google Plus peuvent vous permettre de faire votre veille dans votre secteur d’activité. Dans cet optique de veille et curation, des services spécialisés tels que Scoop-It ou Pearltrees vous laissent organiser les contenus à travers votre veille. Pour aller plus loin, vous pouvez vous-même produire du contenu à travers un blog ou en écrivant sur des sites collaboratifs!

 

 

@lucie_ruffin

 

Construire son identité numérique

Dans un monde numérique où les interlocuteurs ne sont pas en présence physique l’un de l’autre, si on veut atteindre le même niveau de sécurité que celui du monde réel (dans lequel nous devons nous identifier, nous authentifier ou signer des documents), le passage par un mécanisme sécurisé d’identité numérique est essentiel. Une identité numérique sécurisée apporte la garantie qu’une personne est bien celle qu’elle prétend être. L’authentification mutuelle des deux participants permet de créer un canal de sécurité pour le transfert des données. Celles-ci ne pourront alors être interceptées par un tiers, ni modifiées au passage. Pourquoi toutes les traces que nous laissons en ligne ont-elles autant d’importance ? Tout simplement parce qu’elles en disent beaucoup sur nous. Si c’est un choix de partager avec tous ses habitudes, photos et autres préférences, le tout est de savoir si nos traces visibles rendent compte avec exactitude de l’image que l’on souhaite donner de soi. L’idée n’est pas de maîtriser tout ce qui nous concerne sur le web, mais d’apprendre à construire des espaces privés, de prendre de bonnes habitudes sur les traces que nous laissons et de nettoyer ce que l’on ne souhaite plus voir. Une présence en ligne se réfléchit et se construit. La maîtrise de son identité numérique n’est pas forcément compliquée ou longue à mettre en place. Elle demande simplement de prendre un peu de recul et de temps.

Pour poursuivre cette réflexion, vous pouvez lire Le guide complet de l’identité numérique : http://aliaz.com/identite-numerique/guide.pdf

@lucie_ruffin

L’identité numérique

Quelles notions enseigner quand on enseigne l’identité numérique ? Comment faire pour, une fois le discours légitime des dangers d’Internet énoncé, aller au-delà et apprendre aux élèves à évoluer dans cet espace médiatique en exerçant une présence numérique assumée ? Comment conduire les élèves à l’acquisition d’une véritable culture informationnelle dont les objectifs sont de réussir à Réaliser, Réfléchir et Résister dans le contexte du numérique ?

Pour poursuivre la lecture de cet article, rendez vous sur Educavox

@lucie_ruffin