L’exposition « Bridging the Gap jeter un pont »

Les étudiants en master 1 et 2 « Documentation et Systèmes d’information » (IUFM d’Aquitaine) ont eu l’opportunité d’assister à des séances pédagogiques dans le cadre de l’option « Gestion de projet culturel ». Cette option avait pour objectif de nous sensibiliser à la médiation culturelle, d’une part grâce à des cours théoriques sur la notion de médiation et d’éducation artistique dans les EPLE et d’autre part à l’aide de rencontres culturelles et artistiques.

Nous avons eu l’occasion d’assister à l’exposition Diébédo Francis Kéré, Bridging the Gap jeter un pont actuellement installée au centre d’architecture Arc en rêve. Ce sera le sujet de notre article.

Le centre d’architecture Arc en rêve

Arc en rêve, centre d’architecture créé à Bordeaux en 1981, organise des actions en vue de sensibiliser les visiteurs aux domaines de l’architecture, du paysage, aux formes contemporaines de la ville, avec un objectif de mise en lumière de certaines conditions de vie (au niveau régional mais aussi international). Centre très dynamique, son programme mêle conférences, tables rondes, débats, expositions et même des formations destinées aux acteurs et enseignants, autour des problématiques de l’aménagement. Arc en rêve propose aussi des animations interactives et ludiques en faveur du public scolaire : l’équipe propose des ateliers de fabrication et des débats avec un matériel pédagogique particulier. Les actions organisées ont pour vocation d’informer et de former sur la culture et de la création architecturale contemporaine, tout en variant les supports de médiation culturelle (images, vidéos, livrets…).

Francine Fort, directrice générale d’arc en rêve explicite les objectifs de ce centre : « faire émerger le désir d’architecture, inviter à la création et ouvrir le regard sur le monde en mutations »

(Source : http://www.arcenreve.com/Pages/pages.html)

Actuellement, Arc en rêve consacre l’un de ses espaces à l’exposition « Bridging the Gap jeter un pont ». Il s’agit d’un aperçu et d’une synthèse de l’œuvre d’un architecte burkinabé : Diébédo Francis Kéré, soucieux des conditions climatiques et des situations locales de son pays.

Diébédo Francis Kéré

Diébédo Francis Kéré est né en 1965 dans le village de Gando, au Burkina Faso. Diplômé de l’École d’architecture de Berlin en 2004, il développe une architecture utilisant les principes d’éco-construction appris en Europe mais adaptés aux conditions de vie africaine. C’est au Burkina Faso – à Gando plus précisément – qu’il réalise son premier projet d’école élémentaire en 2001.

Cet architecte s’engage socialement et politiquement pour l’amélioration des conditions de vie de son pays. D’une vocation, il se devait de transmettre son savoir. En effet, au Burkina Faso, il regrette qu’il y ait si peu d’architectes et le fait qu’ils se consacrent essentiellement à de gros projets de construction (reproduction du modèle occidental) dans les grandes villes, au détriment des villages. L’approche de Diébédo Francis Kéré est différente : le point de départ de son travail d’architecte est une réflexion sur la situation locale, les matériaux disponibles, la main d’œuvre, etc. L’architecte adapte les modes de construction traditionnels pour créer une architecture qui corresponde à la situation des habitants. De plus, il est impératif de construire vite en Afrique : il fait donc appel à la participation de la population, un travail en commun est très enrichissant pour les populations et l’architecte.

« L’architecture en zone rurale au Burkina Faso, c’est ceci : on se lève, on construit,
il n’y a pas de plan. Les voisins viennent, ils vous aident
 ».

Diébédo Francis Kéré. C’est lorsque les voisins « aident » que l’architecte leur transmet des savoirs en matière d’éco-construction afin que les habitants puissent participer à l’amélioration de leurs conditions de vie. L’idée qui guide le travail de cet architecte est d’« apprendre à être autonome »

Son travail a été récompensé par des prix prestigieux : l’Aga Khan en 2004, le Global Award For Sustainable architecture en 2009 et le Global Holcim Award en 2012

L’exposition

© http://www.arcenreve.com/
© http://www.arcenreve.com/

L’exposition met en avant les divers projets d’architecture menés par Diébédo Francis Kéré, à l’aide de divers dispositifs (son, image, vidéo, maquettes) répartis dans les différentes salles.

  Il s’agit par exemple de l’école primaire à Gando, réalisée alors qu’il était encore étudiant, construite en 2001 par les villageois et lui-même à base de matériaux traditionnels (tels que la brique de terre améliorée avec du ciment). L’architecte parle volontiers d’« architecture des terres ». Cette école est conçue pour minimaliser l’impact du soleil tandis qu’un système de ventilation a été installé à partir d’une sur-toiture en tôle ondulée. Ce projet a considérablement amélioré le cadre de l’enseignement et a participé à l’amélioration des résultats scolaires.

« L’école est conçue comme un oasis où les enfants aimeront apprendre »

En 2008, Diébédo Francis Kéré a dû agrandir cette école en raison d’une forte demande d’inscriptions ! De plus il a construit en 2012, une bibliothèque avec un espace extérieur ombragé propice à la lecture. Ce nouveau bâtiment présente une innovation : un plafond en béton dans lequel sont insérés des pots d’argile afin d’éclairer naturellement et de ventiler l’espace.

© http://www.arcenreve.com/

Ainsi, au fil des six salles, à travers les maquettes, nous sommes amenés à repérer les différents projets de Diébédo Francis Kéré. Il accorde une place capitale à l’éducation : ainsi il a construit deux collèges, une école élémentaire mais aussi ce qu’il appelle le Centre des femmes, conçu en 2013. Ce bâtiment abrite la coopérative Songtaaba (créée en 1999) dont l’objectif est de permettre aux femmes d’échapper à l’oppression familiale et d’accéder à l’éducation.

Mis à part les maquettes et les panneaux d’explication, Arc en rêve informe le visiteur via des vidéos témoignant notamment du travail des habitants : on peut ainsi observer les hommes comprimer les blocs de terre à l’aide d’une machine – dont un des modèle fait partie de l’exposition – tandis que les femmes fabriquent le sol en lissant la terre. L’école achevée, on peut observer les élèves, ravis de ce nouveau bâtiment qu’ils reconnaissent volontiers comme agréable.

L’exposition met également en avant le matériel utilisé pour les chantiers soit un grand étalage de pots traditionnels, de briques, de terre. En fin de parcours elle propose une sélection d’ouvrage traitant principalement de l’architecture contemporaine en Afrique mais abordant également la condition des femmes (on trouve par exemple la bande dessinée Aya de Youpougon).

Cette exposition a été prolongée jusqu’au 19 mai 2013.

Liens complémentaires :

–          Site internet d’arc en rêve : http://www.arcenreve.com/

–          Site internet de Diébédo Francis Kéré : http://www.kere-architecture.com/

–          http://www.darchitectures.com/vers-une-nouvelle-architecture-africaine-francis-kere-arc-en-reve-a970.html

–          http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_4137

–          http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2655p064-065.xml0/

@DaphneMathelier

@jmainhaguiet

Opération de médiation culturelle concrète : l’exposition Paroles d’Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux.

Après avoir défini dans un précédent article le concept global de « médiation culturelle », intéressons-nous à présent au dispositif concret de médiation culturelle mis en place actuellement au sein du Musée Ethnographique de Bordeaux : l’exposition Paroles d’Afrique.

Affiche de l'exposition Paroles d'Afrique (cop : http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr)
Affiche de l’exposition Paroles d’Afrique
(cop : http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr)

Le Musée Ethnographique de Bordeaux : ses objectifs de médiation et de pédagogie

En relation avec les recherches africanistes menées au sein du Département d’Ethnologie de l’Université de Bordeaux Segalen (Université de Bordeaux II), le Musée Ethnographique de Bordeaux Segalen (MEB) met en évidence des questions de société et les enjeux qui en découlent à travers des expositions destinées à un public diversifié. Élaborés à partir de travaux scientifiques, les contenus proposés ont pour vocation d’être accessibles et compréhensibles pour tout type de visiteur (associations, groupes scolaires, institutions publiques et privées, particuliers…). La médiation culturelle s’exprime alors à travers l’accompagnement personnalisé du public par l’équipe de médiation : plaquettes d’informations, visites commentées, livrets pédagogiques et ateliers à l’attention des plus jeunes.

L’exposition Paroles d’Afrique

Actuellement, le MEB présente sa nouvelle exposition Paroles d’Afrique jusqu’au 31 mai 2013. Plongé en terre africaine, le visiteur explore les aspects sociaux, culturels et politiques de la parole d’Afrique. A travers le son, l’image et les objets, l’exposition met en avant la variété et l’omniprésence de la parole sous forme orale et écrite dans la société africaine d’aujourd’hui. Conscients que les mots sont « comme des balles de fusil, qui blessent à jamais le récepteur », certaines cultures africaines transforment la parole en signe physique ou sonore ; la communication s’exprime alors par le biais des objets, porteurs d’une signification particulière. Cette exposition nous permet de les découvrir, comme par exemple, le type de robe que portent les femmes lorsqu’elles soupçonnent leur mari d’infidélité, un tambour qui, utilisé en altitude permet d’envoyer des signaux divers, ou encore un pot en terre cuite qui sert à communiquer par la fumée… Ainsi, au fil des six salles, nous sommes amenés à nous questionner sur notre propre rapport à la parole dans un contexte où les liens sociaux s’éloignent de plus en plus.

Après une brève présentation de la diversité linguistique en Afrique, le visiteur découvre dans un premier lieu des langages africains ordinaires, ésotériques et courants. A travers des devinettes et des proverbes, la parole se construit grâce à un processus d’apprentissage quotidien chez les enfants. Elle devient alors un élément fondamental dans la construction de l’identité d’une communauté. Les écrits du quotidien permettent de valoriser les langues locales (par exemple : présence du peul dans les manuels scolaires). De plus, les médias comme la radio offrent la possibilité aux habitants de s’ouvrir au monde tout en diffusant leurs langues locales.

Manuels scolaires en peul
Manuels scolaires en peul

La deuxième salle présente la fonction sociale des plaisanteries qui se déploient sous diverses formes : sur facebook, les jeunes ivoriens échangent des joutes verbales d’insultes et au sein même d’un village, des crises de couple peuvent être résolues après concertation avec l’ensemble des habitants. Ainsi, la parole permet aussi d’atténuer les tensions sociales.

Le visiteur poursuit sa visite dans un nouvel espace mettant en scène les expressions littéraires africaines. Du point de vue de la littérature orale, l’Afrique regorge de conteurs qui, à travers la richesse de leurs histoires, réactivent les valeurs de la société africaine. Les instruments de musique offrent la possibilité aux griots de conter les épopées d’Afrique au rythme de la musique. Du point de vue de la littérature écrite, nous avons la possibilité de feuilleter des ouvrages en langues africaines dans le salon lecture. Ces écritures diversifiées permettent de valoriser les langues locales.

Ensuite, une salle de vidéo projection nous propose un cours-métrage sur l’utilisation de la parole dans les rituel d’initiation des femmes. Cette parole est considérée comme efficace puisqu’elle est proférée par la communauté à l’attention d’une jeune femme pour l’accompagner dans son apprentissage.

Appareil d'écoute de morceaux musicaux : slam et rap
Appareil d’écoute de morceaux musicaux : slam et rap

Au sein de l’espace suivant, les supports interactifs montrent que la parole d’Afrique est ouverte sur la monde. Non figée dans son passé, elle s’échange en relation avec celles des autres continents. Les mots et les pratiques langagières se modifient et s’enrichissent lorsqu’elles entrent en relation avec les autres cultures. La population se réapproprie ces nouveaux langages en créant de nouvelles formes artistiques comme le slam et le rap.

Enfin, l’exposition s’achève sur une vitrine mettant en évidence un projet pédagogique entre des écoles françaises et africaines. En complément, une présentation du conte comme outil d’intercompréhension nous permet de mieux cerner l’importance de la parole dans le processus de socialisation entre les hommes.

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Le conte comme outil d’intercompréhension
  • Rencontre musicale : le groupe sénégalais Mussa Molo

Dans une vaste pièce du musée, chaleureuse et conviviale, composée de fauteuils et de coussins, les visiteurs ont été conviés (le 21 février 2013) à une rencontre musicale d’inspiration peule rythmée par des instruments traditionnels et modernes, avec le groupe sénégalais Mussa Molo (lien vers le site web du groupe). Abdou Sow, leader du groupe et les musiciens ont fait découvrir aux participants de cet atelier l’histoire et les secrets de fabrication de leurs instruments traditionnels comme le Hoddu, le Nianiérou, la Calebasse, le Balafon, le Djembé, le Saba… Puis, ils nous ont sollicité à devenir des musiciens à notre tour, en nous prêtant divers instruments afin de participer aux chansons avec eux. Cet atelier musical, ainsi que tous les modules de l’exposition, nous ont offert l’opportunité de découvrir et de partager la culture africaine, et de la concevoir sur le plan linguistique, sociologique, ethnologique, politique, et artistique.


Être médiateur culturel

A l’issue de la visite, l’un des guide de l’exposition Paroles d’Afrique nous a accordé un bref entretien. Il nous a fait part des modalités de création de l’exposition et, de manière plus générale, des différentes facettes du métier de médiateur culturel :

« L’exposition Paroles d’Afrique est l’aboutissement d’un travail de recherche scientifique de quatre ans qui continue de progresser. Au départ, un synopsis de l’exposition est élaboré en fonction des études scientifiques réalisées. Une scénographie voit le jour grâce à l’intervention de plusieurs professionnels qui choisissent d’agencer les espaces en fonction des idées à valoriser. Le travail du médiateur culturel consiste à communiquer à distance en permanence avec les deux commissaires d’exposition qui conçoivent l’exposition et les anthropologues qui poursuivent leurs recherches. L’objectif est de vulgariser les propos scientifiques à l’attention d’un public diversifié. Or, comment matérialiser la parole ? La difficulté est de rendre accessible ce sujet abstrait à l’attention de tous les publics, notamment auprès des plus jeunes. Il faut adapter le discours et les dispositifs de médiation. Nécessairement, il faut prendre de la distance à la fois par rapport à l’exposition et aussi par rapport à notre rôle de médiateur. Être médiateur culturel c’est sortir du statut de guide, savoir faire preuve d’empathie et se glisser dans la peau du spectateur. Notre intérêt réside également dans les retours critique du public vis-à vis de la scénographie. On peut alors faire part de ces remarques aux organisateurs et réadapter le parcours en fonction des spécificités du public. »

Propos recueillis le 21 février 2013 au MEB de l’université Bordeaux Segalen.

L’exposition Paroles d’Afrique et la programmation artistique à venir 

Toujours afin d’illustrer et de faire partager l’art de la parole au sein de la culture africaine, les artistes fondateurs de la Compagnie Auguste-Bienvenue, vous invitent le vendredi 17 Mai 2013 à participer à leur atelier d’expression corporelle (de15 h à 16 h 30), au sujet de la parole dansée. De plus, vous assisterez à un spectacle autour de l’oralité, de la danse, du chant et de la musique de18 h à 19 h : « La compagnie Auguste-Bienvenue explore l’univers de la parole et de l’oralité et nous emmènent en Afrique des proverbes et des devinettes. Le corps, le chant, la parole et la musique deviendront les vecteurs du dialogue avec le public où la tradition des villages africains renaît en milieu urbain d’aujourd’hui.»
(issu de la programmation artistique de Paroles d’Afrique, page consultée le 07/05/2013, voir : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/Flyer%20artistique.pdf )

Compagnie_Auguste_Bienvenue
La compagnie Auguste Bienvenue
(cop. : http://www.africultures.com)

Liens complémentaires :

Site du MEB : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/

Blog du MEB : http://meb.over-blog.com/

Dossier de presse de l’exposition Paroles d’Afrique : http://www.meb.u-bordeaux2.fr/DP%20EXPO%20PAROLES.pdf

Page Facebook de l’exposition Paroles d’Afrique : http://www.facebook.com/MebExpositionParolesDAfrique

@_lrichard_

@altorres_t

Comprendre la médiation culturelle

Comment sensibiliser un public le plus largement possible au savoir et à la culture ?

Panneau d'exposition : Paroles d'Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux
Panneau d’exposition : Paroles d’Afrique au Musée Ethnographique de Bordeaux

Enjeu phare des institutions culturelles, l’accès au savoir et à la culture pour tous nécessite la mise en place d’outils de médiation toujours plus créatifs et innovants en vue de capter un public réel et potentiel.  A partir de la pensée d’auteurs, nous allons explorer le concept de médiation culturelle et ses évolutions à l’aune du numérique.

La médiation culturelle : ses objectifs, ses dispositifs et ses perspectives

Construire, organiser et exposer des collections d’œuvres d’art au sein des musées ou des bibliothèques ne suffit plus aujourd’hui. Nécessairement, il faut élargir la visibilité de ce patrimoine afin d’assurer une égalité d’accès à la culture et au savoir, en particulier en direction des publics éloignés. Mettre en œuvre un travail de médiation adapté permet aux individus de connaître et d’appréhender plus facilement les œuvres muséales. Ce dispositif offre la possibilité aux institutions culturelles de répondre à des impératifs sociaux et éducatifs.

Selon Jean CAUNE dans son ouvrage La médiation culturelle : une construction du lien social, la médiation s’exprime de manière directe (un médiateur présent dans l’action de médiation) ou indirecte (signalétique, site internet, outils interactifs…). De plus, elle représente : « l’ensemble des actions qui vont faire en sorte de réduire les écarts de compréhension entre des œuvres et le public ». Dans son aspect social, la médiation suppose la prise en compte des spécificités des publics visés. L’objectif est de mettre en relation un public éloigné avec l’institution pour qu’il y trouve sa place et accède aux œuvres. Du point de vue éducatif, la médiation a pour objectif d’apporter un enseignement informel en accompagnant l’usager dans sa rencontre avec l’œuvre et le savoir.

A l’heure du numérique, les musées multiplient les médiations indirectes à l’aide de nouveaux outils interactifs. A partir d’une application sur téléphone portable, la réalité augmentée ou RA offre la possibilité aux spectateurs d’obtenir des contenus informatifs complémentaires concernant une œuvre ou bien de s’immerger virtuellement dans un tableau dans le cadre d’une exposition muséale. Ces technologies numériques multiplient les possibilités de médiation dans les musées ou les bibliothèques et permettent de capter un public plus large.

Comme l’indique Vincent Liquète dans la publication collective Médiations de la revue Hermès, les formes de médiations tendent à évoluer vers le renforcement du ludique, le passage à l’expérimentation et le transfert d’un cadre technique au cadre intuitif.

Bibliographie

CAUNE, Jean. La médiation culturelle : une construction d’un lien social, 2006. (page consultée le 07/05/13).

CONTENOT, Félicie. « La médiation au service de la confluence du musée et de la bibliothèque », BBF, [en ligne], 2011, n° 4.

LAMIZET, Bernard. La médiation culturelle. Paris : L’harmattan, 2000.

LIQUETE, Vincent. « Médiations et communications », Hermès, 2010. (Les essentiels d’Hermès).

SANDOZ, David. Repenser la médiation culturelle en bibliothèque publique : participation et quotidienneté. Mémoire d’étude sous la direction de Bernard Huchet, ENSSIB, 2010.

@_lrichard_

Culturewok : moteur de recherche sensitif de contenus culturels

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Après le catalogue purement descriptif, voici CultureWok un outil innovant qui permet de rechercher et de partager des livres, des films, de la musique et des jeux-vidéos selon nos goûts et nos envies grâce à une approche sensitive !

De quoi s’agit-il ?

En partenariat avec la région Aquitaine, Renaud Garcia et son équipe (réunis sous l’appellation le Wok en travaux) ont mis en ligne ce dispositif de médiation en 2010 dans le but de rapprocher les acteurs (bibliothécaires, libraires,…) et les biens culturels du public. L’originalité de cet outil réside dans son principe d’indexation collaborative basée sur le sensitif comme le souligne l’association  Wok en travaux : «Dans le CultureWoK, on ne cherche donc pas un objet particulier (dont on connaît le nom ou ses proximités) mais un ‘’possible’’ lié à un besoin, une envie.»

Tout en communiquant avec leurs usagers, les professionnels de l’information peuvent contribuer à l’enrichissement de la plateforme grâce à leur travail conjoint de signalement d’objets (livres, CD, DVD, jeux-vidéos). Concernant l’internaute, il peut ajouter, décrire et commenter des documents une fois l’identification faite sur son compte. Il aura à disposition un accès simple et rapide aux fonds et aux événements des bibliothèques et librairies partenaires.

Du point de vue des institutions culturelles du réseau, Culturewok représente une opportunité de médiation culturelle : lien des fonds avec leur catalogue, possibilité de commenter, d’annoter et de géolocaliser les collections à valoriser, présentation des actualités, bibliographies, coups de cœur sur le Wok, visibilité sur les réseaux sociaux et absence de frais d’abonnement. Dans le cadre d’une politique plus globale de communication, ce travail de valorisation des collections et de médiation auprès du public permet d’élargir la zone d’intervention documentaire des bibliothécaires.

« Alors, de quoi avez-vous envie ? »

La navigation dans le site est simple. Après avoir déterminer l’objet que l’on souhaite rechercher (MusicWok, CinéWok, GamesWok ou BooksWok), on fixe les curseurs pour affiner sa recherche sur des critères sensitifs (drôle, contemplatif, décalé, violent…) et de formes (fiction, documentaire, policier, fantastique…). On peut alors varier les possibilités de requête à l’infini et découvrir une large étendue de ressources à consulter. Une liste d’objets correspondant à notre requête s’affiche. Un lien est disponible vers une fiche détaillant les caractéristique de l’objet. Elle est enrichie par d’autres objets sensitivement similaires, des vidéos, des images et des commentaires de professionnels. Enfin, on peut naviguer de wok en wok en cliquant sur les liens commentaires.

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Fiche descriptive du livre La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole.

Le Wok et ses perspectives …

Compte tenu du succès grandissant de cette plateforme, l’association souhaite élargir le concept à d’autres contenus :

Venez exercer vos papilles sur : http://www.culturewok.com/

Informations complémentaires :

Présentation du projet Culture wok : http://blog.lewokentravaux.com/
Interview de l’association Wok en travaux : http://www.leglobelecteur.fr/index.php?post/2011/11/16/culturewok

@_lrichard_

Médiation du patrimoine de l’éducation

CapturerDans le cadre du programme régional de recherche : Patrimoine aquitain d’éducation, l’IUFM d’Aquitaine a organisé une conférence le 30 janvier 2013 « A la découverte du patrimoine de l’éducation : valorisation, médiation, communication » qui s’est tenue au musée d’Aquitaine de Bordeaux.

Cette journée d’étude avait pour objectif d’étudier et d’apporter des éléments de réponses concrètes aux interrogations suivantes :

Comment valoriser le patrimoine éducatif régional ? Quels sont les enjeux épistémologiques, pédagogiques et juridiques liés à la médiation du patrimoine ? Quels sont les outils de médiation nécessaires pour communiquer et partager ce fonds documentaire spécifique ?

Le patrimoine et ses enjeux

Les premiers intervenants ont ouvert la séance en soulignant l’importance de rassembler, de traiter , de rendre visible et partageable ce patrimoine éducatif à l’attention de tous et plus particulièrement de la communauté éducative. La notion de « machinerie patrimoniale » a été évoquée pour désigner l’omniprésence du patrimoine dans la société et le monde de l’éducation. Pour mieux appréhender son passé et son identité, cet ensemble documentaire peut être didactisable et didactisé pour des enseignements au patrimoine de l’éducation.

Dans ce cadre, le patrimoine de l’éducation national nécessite un travail collectif pour appréhender les liens entre histoire et éducation. Des actions de médiations concrètes sont à décrire : médiations sur le plan documentaire, social, culturel et pédagogique. Ce type de projet doit être mis en œuvre en prenant en compte les aspects politiques (inscription dans des programmes nationaux et internationaux), techniques (interopérabilité des systèmes, collaboration des chercheurs, numérisation…) et juridiques (traitement des droits dans l’utilisation d’une œuvre). Enfin, la médiation du patrimoine nécessite un accompagnement et une prise en compte de la réception du contenu culturel. Les conclusions de l’introduction scientifique mettent l’accent sur l’apport indéniable du numérique et des nouvelles technologies pour finaliser les projets de médiation du patrimoine éducatif régional.

Actions de médiation du patrimoine régional

Le deuxième volet de la journée a donné lieu à plusieurs interventions concernant la valorisation du patrimoine et numérisation, la pédagogie du patrimoine en éducation et les transformations du patrimoine.

  • Qu’est-ce que la BNSA ?

La Banque Nationale du Savoir Aquitain est un programme de numérisation des patrimoines locaux. Développée par la DRAC Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la Région Aquitaine (Direction de la Culture et du Patrimoine), elle a pour objectif de numériser et de valoriser le patrimoine bâti, écrit, artistique, paysager, oral de la préhistoire jusqu’aux cinquante dernières années. Elle déploie ses projets autour de trois axes : la création de collections documentaires numérisées en direction d’un public spécialisé, d’un dispositif pédagogique BNSA à l’attention de la communauté scolaire et de productions éditorialisées et des services numériques de médiation à destination du grand public. La fabrique BNSA est un dispositif nouveau dédié aux nouvelles formes de médiations numériques mis en place par la Région Aquitaine ( production de serious games par exemple ). Actuellement, ce dispositif s’oriente vers de nouvelles formes de médiations autour des nouvelles écritures et des nouveaux médias. L’objectif constant est de s’approprier au mieux les richesse aquitaines.

Pour offrir un meilleur accès au patrimoine éducatif du Nord-Pas-de-Calais, les bibliothécaires de l’IUFM de Lille ont choisi de valoriser les collections des anciennes écoles normales de la région. Le but était de créer une bibliothèque patrimoniale numérique qui soit visible sur le web. A partir des moyens et du temps qui étaient à leur disposition, les professionnels ont choisi de numériser un corpus d’ouvrages original et les planches scolaires des écoles normales. Issues du web 2.0, les fonctionnalités de cette bibliothèque numérique lui permettent d’être interactive avec l’ensemble des internautes, notamment sur les réseaux sociaux. Pour être au mieux partagée et partageable, la bibliothèque numérique de l’IUFM de Lille est en lien avec la bibliothèque numérique de la BNF, Gallica . L’objectif des initiateurs du projet est de devenir acteur dans l’enrichissement du web pour permettre la dissémination la plus large de l’information.

  • Archives municipales de Bordeaux et le numérique

Mettre en place de nouvelles formes de médiations est le point de travail prioritaire de l’établissement. En lien avec les écoles de la région, elle souhaite initier une politique de médiation pédagogique et développer les outils numériques. C’est dans ce cadre que les archives municipales de Bordeaux ont réalisé le parcours Monumérique-archimérique ou Traite négrière, esclavage et abolitions. En partenariat avec les acteurs de l’éducation artistique et culturelle de la région, l’établissement a pour objectif pédagogique d’éduquer les jeunes au regard et à la citoyenneté, de développer leur esprit critique, de les éduquer aux techniques documentaires et à l’écriture numérique jusqu’à la mise en ligne et de leur faire découvrir les métiers du patrimoine et du numérique.

Conclusions de la journée

Avant de clôturer le débat, les derniers intervenants ont soulevé plusieurs interrogations encore perceptibles dans les projets de médiation du patrimoine. Ils ont notamment rappelé l’importance de l’interopérabilité des ressources et d’une indexation pertinente des corpus pour une meilleure dissémination des informations sur le web. Selon eux, la valorisation dans le domaine du patrimoine reste encore à l’essai : l’accompagnement dans la médiation et le processus de réinvention des ressources à l’heure du numérique sont encore en questionnement. Enfin, ils signalent que le support numérique demeure davantage étudié et utilisé par les communautés professionnelles issues des domaines artistique et culturelle que par celles issues de l’enseignement scolaire.

@_lrichard_