Usages pédagogiques de la tablette

Comme nous l’avions vu dans un précédent article, les nouvelles technologies investissent massivement les salles de classes. En effet, de plus en plus d’établissements scolaires sont désormais équipés de tableaux numériques interactifs, d’ordinateurs portables, de tablettes numériques… Cette utilisation du numérique pour éduquer pose de multiples questions que ce soit pour les enseignants mais aussi pour les parents souvent perplexes quant à l’utilité de ces nouvelles méthodes.

L’année dernière, la médiathèque du Bois Fleuri (Lormont, 33) a tenté l’expérience avec le collège Montaigne afin de créer un lien entre lecture, nouvelles technologies et éducation dans le cadre du réseau ECLAIR. Fabrice Casareggio (responsable multimédia), deux professeurs des écoles et un professeur de français ont donc travaillé  dans un but commun : remédier aux difficultés de lecture rencontrées chez les jeunes et ainsi leur donner l’envie de lire en surmontant le plus possible les problèmes de compréhension. Cette expérience innovante montre l’importance des collaborations, encore trop peu existantes, entre des structures culturelles telles que les bibliothèques de lectures publiques et les établissements scolaires du second degré. Pour cela, une dizaine d’élèves de 6ème ont passé une semaine au sein de la médiathèque. Ils ont ainsi pu découvrir la lecture à travers divers ateliers : revue de presse à partir de quotidiens papier, atelier audio book qui a permis d’avoir une lecture soutenue pendant 45 min à partir d’un cd audio et de son support livre, atelier découverte livres d’artistes, ateliers  pratique comment choisir un livre, atelier sur les mangas, et des ateliers numériques sur tablettes ipad avec lecture à voix haute et une chasse aux trésors sur des applications ipad.  Les élèves se sont par exemple intéressés à la presse numérique via l’utilisation de l’Ipad alors qu’ils n’avaient pas l’habitude de lire la presse et n’en connaissaient donc pas les codes.

L’utilisation de certaines applications a permis aux élèves de (re)découvrir le plaisir de lire. Les applications utilisées pour cette expérience ont mis en avant des axes pédagogiques  importants et variés : compréhension de lecture, lecture orale, prise de parole… Par exemple, les applications Kerity la maison des contes ou Frog and ox permettent  aux élèves de découvrir la lecture de façon ludique. Ils peuvent ainsi naviguer à leur rythme dans l’histoire, demander une aide à la lecture, s’amuser avec les décors et les personnages qui s’animent au fil des pages. Les élèves ont aussi beaucoup apprécié une application de chasse au trésor où la lecture et la compréhension du texte leurs permettaient d’aller plus loin dans l’histoire pour au final trouver ce fameux trésor.

L’utilisation de la tablette semble donc être un outil intéressant sur plusieurs aspects:

-Aspect tactile : Les écrans attirent les enfants. « Tombés dedans quand ils étaient petits », ils n’ont pas cette appréhension que peuvent avoir les adultes. Ils sont curieux de découvrir ces nouveaux outils. Grâce à la tablette, l’enfant a une prise totale sur l’écran et donc sur l’activité qu’il est en train de mener. De plus, la tablette travaille aussi la motricité fine.

– Aspect cognitif : les couleurs,les images, les sons, les mouvements mettent tous les sens en éveil et créent une surprise permanente chez les plus jeunes comme chez les plus âgés.

– Aspect interactif : l’enfant est maître de l’outil, c’est lui qui va chercher l’information, les connaissances nécessaires à son apprentissage.

– Aspect éducatif : l’enfant apprend  de façon ludique. La tablette permet de découvrir et de travailler dans de nombreuses disciplines (Français, Maths, Arts plastiques…) en variant les apprentissages grâce à de multiples modes d’entrée :  éveil, lecture, jeux, dessins, quizz…

– Aspect ludique : La tablette reste un support permettant à l’enfant d’apprendre en jouant. Une méthode prônée par de nombreux pédagogues comme Winicott, Maria Montessori, plus récemment André Giordan, malgré les réticences de Célestin Freinet par exemple.

Bien sûr, de nombreux arguments négatifs remettent en question l’usage pédagogique  de la tablette : le renforcement de « l’effet zapping », le danger du wifi, le rejet des apprentissages traditionnels pourtant fondamentaux, l’appauvrissement de la mémoire ou encore la diminution des capacités de synthèse personnelle. Toutefois, la tablette semble être un support innovant plus qu’ intéressant que les enseignants doivent envisager.  Sans penser qu’elle est la solution à tous les problèmes éducatifs et pédagogiques, il nous faut découvrir ses apports, notamment pour aider des élèves en difficulté et varier les modes d’entrée dans les apprentissages.

Fabrice Cassaregio nous a conseillé différentes ressources web traitant de la lecture numérique et de l’usage des tablettes en général. En voici quelques exemples :

  • http://www.vousnousils.fr/ : un carrefour d’information et de communication au service de la communauté éducative, de la recherche et de la culture.
  • Les écrans, le cerveau et… l’enfant :  un projet thématique pour l’école primaire, permettant aux enseignants, enfants et parents d’explorer les raisons pour lesquelles les jeux vidéo, Internet et autres « écrans » sont si fascinants et captivants, tout en posant un regard scientifique élémentaire sur un « continent » généralement méconnu : le cerveau.
  • Le site internet de la BNF dédié aux enfants avec la  mise à disposition de livres numérisés.
  • Un scoop-it dédié à l’usage pédagogique des tablettes.
  • Le site www.declickids.fr qui propose une sélection pertinente et des commentaires sur des applications gratuites ou à moindre coût pour les enfants.

Pour le bilan de cette expérience, un changement de comportement a été rapidement repéré chez les élèves ayant participé à l’expérience. En effet, ils sont  repartis avec une meilleure confiance en soi, une capacité de lecture et une expression orale plus assumée. Les élèves reviennent même régulièrement à la médiathèque,  ils ont aussi créé un comité de lecture au sein de leur collège.

@jbourguet

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Usages pédagogiques des réseaux sociaux

Le Mercredi 12 Décembre, nous avons eu l’honneur de proposer une présentation de notre veille sur le thème « usages pédagogiques des réseaux sociaux » lors de La 3ème Rencontre « Au doigt & à l’œil » organisée par l’an@e. A travers ce post, nous vous proposons  de lire notre travail; Le diaporama présenté lors de cet évènement  est aussi  en ligne sur Slideshare, il comprend notamment la webographie utilisée.

Les médias sociaux sociaux sont des outils qui désignent « un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur Internet ou en situation de mobilité, alors que les réseaux sociaux reflètent une communauté d’individus qui interagissent ». (Frédéric Cazzava, 2009)

Genèse de l’utilisation des réseaux sociaux à des fins pédagogiques (@GarraManuel, @DaphneMathelier)

L’utilisation des réseaux sociaux s’est généralisée depuis l’année 2007. On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussées les professeurs à utiliser les réseaux sociaux et quels ont été les premiers usages. C’est en constatant que leurs élèves passaient de plus en plus de temps sur ces réseaux, que certains professeurs – utilisateurs de ces réseaux – ont décidé de les utiliser à leur profit en leur ajoutant une perspective pédagogique. A leurs débuts, les réseaux sociaux étaient utilisés pour permettre aux individus d’échanger entre eux et pour qu’ils puissent partager des informations et les diffuser. Très vite les élèves se les sont appropriés et pour pouvoir les utiliser comme outils d’apprentissage les professeurs dans un premier temps ont dû innové et développé des pratiques pédagogiques en lien avec Internet. Le but étant  d’attiser l’intérêt des élèves et de mettre en perspective l’enseignement dispensé en classe avec des contenus virtuels. Parmi les premiers projets pédagogiques en lien avec les réseaux sociaux on peut citer la première “twittclass” française lancée à la rentrée 2009 par un professeur d’Histoire-géo, Laurence Juin, dans un lycée professionnel de La Rochelle. En mai 2011 on en comptait 80 dont 50 en France. L’utilisation de Facebook par les enseignants est, elle, plus hésitante. Les professeurs-documentalistes utilisent plus volontiers Facebook pour diffuser des informations concernant leur CDI ou pour proposer des outils complémentaires (à titre d’exemple le CDI du lycée de l’Immaculée Conception à Laval a ouvert une page Facebook dès septembre 2009). Certains professeurs seraient à même d’enseigner l’utilisation de ces réseaux sociaux dans le sens où ils connaissent et maîtrisent précisément les fonctionnalités de ces réseaux. Néanmoins l’usage des réseaux sociaux à des fins pédagogiques s’il se généralise demeure encore une expérience novatrice.

Quels réseaux sociaux utilise-t-on à l’école primaire? (@jbourguet, @amelina_def)

En effectuant nos recherches, on a pu voir que Facebook n’était pas utilisé à l’école primaire en raison de l’âge des enfants. En effet, un compte Facebook ne peut être ouvert qu’à partir de 13 ans. En revanche, Twitter est beaucoup utilisé à l’école primaire : on recense 112 twittclasses en France. Pour mettre en place une twittclasse, il faut soumettre le projet à la direction, aux parents et à l’équipe pédagogique. De plus, l’enseignant doit créer un compte classe pour mettre en place les séquences pédagogiques. L’intérêt pédagogique de Twitter est de permettre aux élèves de s’exercer à l’écriture et à la lecture. Ainsi, Twitter est utilisé de différentes manières: les élèves font des commentaires,racontent leur classe de découverte et font des exercices de mathématiques. Pour tweeter, les élèves se servent de tablettes, de tableaux numériques, d’ordinateurs, de logiciels d’écoute de tweets et de smartphones. La twittclasse permet donc des interactions entre le groupe classe, l’élève , les parents, les autres classes, les abonnés et l’enseignant. Pourtant, l’utilisation de Twitter en classe est appréhendée. Les enseignants ne savent pas maîtriser Twitter et Twitter est considéré comme quelque chose de dangereux puisqu’il est “un réseau social ouvert”.Mais, il existe des guides pour les enseignants à la formation de Twitter. Du côté des élèves, la formation à Twitter prend plus de temps que l’expérimentation ce qui peut être un inconvénient à la Twittclasse. Selon l’article d’Aurélien Jean sur le site du Cefrio,“Twitter est  un excellent moyen d’enseigner, d’apprendre et de communiquer dans une salle de classe mais il faut pour cela que le cadre de travail soit bien défini et que le projet soit soutenu par les différents acteurs impliqués”.téléchargement

Quels réseaux sociaux utilise-t-on dans le secondaire? (@NicolasBusquet1, @altorres_t)

Dans le cadre de l’enseignement secondaire, beaucoup de professeurs et encore plus d’élèves, font appel aux médias sociaux tels que : Twitter, YouTube, Picasa, MySpace, LinkedIn, Flickr, Skyblog, etc. Quels sont les enjeux et l’impact pédagogique auprès des adolescents du secondaire? Nous nous attacherons à y répondre en analysant brièvement les intérêts et les limites des usages pédagogiques de ces outils. Étant donné l’âge moyen des élèves au  collège, il est pertinent de les sensibiliser aux enjeux de l’identité numérique, et de les responsabiliser face à l’utilisation des réseaux sociaux. L’enjeu majeur consiste à  protéger la confidentialité de ses données personnelles. D’après Audrey Miller, les élèves devraient être amenés à signer une charte d’usage des médias sociaux . De plus les enseignants peuvent s’inspirer d’expériences vécues par les élèves où l’identité de ces derniers a été compromise; on peut alors souligner les aspects positifs des médias sachant qu’il est plus  facile de parler avec un avatar ou un pseudo. Adopter une attitude responsable (pas de menace ni d’insultes…), respecter des règles et des obligations, sont les maîtres-mots du vivre ensemble en ligne. Philippe-Didier Gauthier (automne 2008) propose une solution pour construire son identité en ligne et la contrôler, à l’aide d’un portfolio numérique pour valoriser ses compétences. Au lycée, les médias sociaux sont davantage exploités dans le cadre d’un travail collaboratif de recherche. En effet, ils permettent non seulement de créer des interactions, de communiquer, d’échanger (ex: forum), mais aussi d’ouvrir une classe “hors-les-murs” (complément du cour en présentiel) et au-delà du temps scolaire. Les professeurs se mettent alors au service des élèves, et ne sont plus les seuls détenteurs du savoir, par exemple pour réviser la baccalauréat ou encore, réaliser un projet d’écriture autour du cinéma avec Twitter. Cependant, quelques difficultés peuvent être rencontrées quant au temps supplémentaire nécessaire à la formation des professeurs et à la sécurisation des données. Des questions d’ordre pédagogiques émergent aussi telles que: Puis-je garder une certaine distance professionnelle en devenant “ami” avec mes élèves ?,  Utiliser ces outils est-ce vraiment efficace dans l’apprentissage, quels sont les résultats ?

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Quels réseaux sociaux utilise-t-on dans le supérieur?  (@_lrichard, @jmainhaguiet)

Actuellement, les nouvelles technologies prennent une place capitale dans le quotidien des gens plus particulièrement des jeunes adultes. L’utilisation du web et des réseaux sociaux est au coeur de leurs pratiques. Conscient de cette évolution, l’enseignement supérieur souhaite exploiter ces ressources pour proposer des enseignements actualisés et adaptés à la vie des étudiants. C’est dans ce cadre que les enseignants veulent varier et adapter leurs techniques d’enseignements en prenant en compte les nouvelles attentes des étudiants. En intégrant l’usage des réseaux sociaux, les enseignants ont pour objectif d’apprendre aux étudiants à distinguer les savoirs pertinents, à partager et confronter leurs connaissances tout en offrant un mode original de dialogue. Ils souhaitent mettre en avant ces nouveaux outils d’accès et de contrôle de la connaissance. Du point de vue de l’université, les réseaux sociaux sont des ressources très utiles pour créer des liens et un sentiment d’appartenance entre le corps professoral et les étudiants. Ils permettent de valoriser et de communiquer à distance l’image et la notoriété de l’université. Pour mettre en oeuvre leurs objectifs pédagogiques, les professeurs proposent aux étudiants d’utiliser des environnements collaboratifs (Elgg, les Wikis) qui favorisent le partage, la co-construction de connaissances et l’écriture collaborative. À l’aide de Facebook et de Twitter, communautés virtuelles permettant l’émergence d’espaces d’apprentissage personnels, les étudiants peuvent partager en ligne leurs intérêts pédagogiques et/ou personnels. L’outil de curation Scoopit dans l’enseignement supérieur permettant de rassembler tout type de document sur un thème donné. Delicious comme Diigo est mis en avant pour sa capacité à regrouper toute une série de liens ( articles, images, photos, vidéos) sur un même sujet. Ces deux outils sont riches de contenus divers susceptibles d’enrichir les connaissances et l’apprentissage des étudiants. Facebook et Twitter, sont des moyens de communiquer sur les animations, les évènements et informations utiles à l’attention des étudiants. A l’aide de ces outils, les universités veulent créer des communautés autour de la marque de l’université. Pour illustrer ce thème d’étude, nous avons relevé plusieurs exemples d’exploitations pédagogiques de ces réseaux sociaux au sein de l’enseignement supérieur. Eric Delcroix, enseignant, Community-Manager de l’UFR IDIST de l’Université de Lille utilise Facebook depuis 3 ans dans le cadre de projets d’années avec ses étudiants. En 2009, il a mis en place une expérience en cours avec Twitter dans le cadre d’exposés. Concernant l’université de Leicester, elle s’est intéressée aux médias sociaux et à la possibilité de mettre en place un réseau de partage et de réflexion entre étudiants et professeurs. Le but est de fournir des informations relatives aux cours (liens, dossiers…), d’ouvrir un forum de discussion sur lequel étudiants et professeurs peuvent débattre des sujets évoqués, revenir sur les points à éclaircir.

Quelles sont les pratiques européennes? (@LefebvreChris16,  @lucie_ruffin)

Mettre en oeuvre une veille de quelques semaines sur les pratiques européennes s’est avérée difficile. En effet, nous nous sommes heurtées à un  manque d’information concernant les pratiques hors France. En France les expériences de twittclasses sont nombreuses et  le site Twittclasses-posterous.com recense rien que pour cette année une cinquantaine de classes francophones. Concernant la Grande-Bretagne ,un article de la BBC rapporte les propos d’un responsable en éducation en Angleterre, Stephen Heppell : « Les écoles doivent intégrer les technologies des mobiles, les jeux, les podcasts et les réseaux sociaux, elles doivent aussi rompre avec le modèle traditionnel de la classe et des programmes. Nous avons besoin de séquences de travail moins morcelées et nous devons permettre aux jeunes de prendre en charge leur apprentissage ». Dans une i-classe de Wattrelos en France le professeur de la cité scolaire  Zola utilise avec ses élèves un compte Twitter pour l’aide aux élèves (soutien) ,pour travailler sur la méthode de rédaction, écrire des résumés de leur travail en classe et faire des mindmappings qu’ils envoient via Twitter. Au Danemark, l’utilisation d’Internet lors du passage de notre équivalent du bac est autorisé depuis 2009 et devait être généralisé en 2011.

Cet article posté par @jbourguet a été écrit par notre collectif.